La référence des professionnels
des communications et du design

Sid Lee achetée par un holding japonais

«Cette transaction s’inscrit dans une volonté d’accroître les activités de l’agence à l’international et de faire de Sid Lee un réseau mondial», selon Jean-François Bouchard, fondateur et associé de l’agence. 

Concrètement, Sid Lee a conclu une entente pour se joindre au collectif Kyu, dont le siège social est à New York; celui-ci a été établi par le groupe japonais Hakuhodo DY Holdings pour renforcer sa présence mondiale, notamment en Amérique du Nord. Avec Sid Lee, Kyu compte pour le moment quatre entreprises liées à la création (technologie, branding et conseil en innovation). «L’idée est de créer un collectif de compagnies progressistes dans des domaines divers qui touchent à la créativité, mais basé à New York», affirme Jean-François Bouchard.

jean-François bouchard

fondateur et associé de sid lee

Inversement, l’expertise de Hakuhodo DY Holdings, en Asie, qui compte près de 13000 employés sur place, permettra à Sid Lee de faciliter son expansion dans cette région du monde. Jean-François Bouchard rappelle néanmoins que le développement de son réseau est encore principalement axé sur les États-Unis. «Actuellement, notre focalisation première est notre développement aux États-Unis. Nous nous intéressons aussi au Moyen-Orient. La particularité de l’Asie, c’est qu’il s’agit d’une région du monde où nous sentions que nous avions besoin d’un coup de pouce.» L’agence n’a pas dévoilé de plans concrets d’ouverture pour le moment.

«L’objectif est de prendre ce que nous faisons déjà et de l’apporter dans plus de parties du monde.»

Sid Lee reste à Montréal
Sid Lee conservera le nom de sa marque et son siège social à Montréal. «Il s’agit d’un élément important de cette transaction, estime Jean-François Bouchard. Généralement, lorsqu’une agence est acquise, elle est intégrée à un autre réseau existant, une autre marque. L’idée est de joindre un groupe déjà déployé de façon à remplir un vide géographique pour ce réseau. Dans notre cas, c’est exactement le contraire. L’objectif est de prendre ce que nous faisons déjà et de l’apporter dans plus de parties du monde. D’autres agences pourraient-elles un jour prendre notre nom? Sans doute. Mais l’inverse n’est pas envisageable. À ce titre, je pense que Montréal bénéficiera certainement d’avoir le siège social d’un réseau mondial ici. À ma connaissance, cela ne s’est jamais fait au Canada et encore moins au Québec.» Hakuhodo DY Holdings détient 100% de l'agence.

Aucun remaniement n’est prévu au sein du leadership de l’agence («Nous sommes excités d’être aux commandes de ce nouveau cheminement»); le seul changement significatif concerne le Cirque du Soleil, qui était actionnaire de l’agence depuis trois ans. Celui-ci a vendu ses parts, et son siège au conseil d’administration de Sid Lee a été cédé à Kyu. La relation du Cirque avec Sid Lee reviendra donc à ce qu’elle était depuis 15 ans, soit une relation agence-annonceur.

Doubler le nombre de bureaux à l’international
Jean-François Bouchard y voit le projet de la prochaine décennie pour l’agence, qui compte doubler son nombre de bureaux au cours des dix prochaines années. Rappelons que l’agence a démarré son expansion mondiale  il y a huit ans et qu’elle compte aujourd’hui six bureaux, notamment à New York, Paris et Amsterdam.

«Ce n’est pas une question d’indépendance plus que de performance.»

Finalement, à ceux qui y voient un jour sombre pour les agences indépendantes québécoises, Jean-François Bouchard rappelle au contraire qu’on devrait s’attacher au succès et au rayonnement de nos agences, plutôt qu’à leur indépendance: «Le plus important est d’avoir des agences qui ont du succès et nous devrions être fiers de voir se bâtir un groupe international à Montréal. Cela illustre le dynamisme de notre industrie et que partout dans le monde les gens s’intéressent à la qualité des boîtes d’ici. Donc je crois que ce n’est pas une question d’indépendance plus que de performance. Ceux qui pensent que nous allons nous asseoir sur nos lauriers seront surpris. Il faut viser le succès, autant localement que mondialement.» 

comments powered by Disqus