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Les Guignols au cœur des rumeurs

Un séisme médiatique a frappé la France ces derniers jours. L’annonce d’une éventuelle suppression de l’émission satirique Les Guignols de l’info, de Canal+, a suscité de nombreuses réactions de la part des internautes, mais également de personnalités médiatiques et politiques. Voici un retour sur les événements.

Les rumeurs allaient bon train en France depuis quelques jours, voulant que Les Guignols de l’info, célèbre émission satirique de Canal +, serait sur la sellette. La  raison? Le président du conseil de surveillance de Vivendi, maison-mère de Canal +, Vincent Bolloré, souhaiterait mettre fin à l’émission diffusée depuis 27 ans.

C’est ce que nous apprenait, le site PureMédias, le 30 juin dernier, ayant interrogé une source à l’interne de la chaîne. Cette nouvelle fait écho à des propos ayant déjà été tenus par Bolloré au sujet des Guignols en février dernier : «Je préfère quand ils sont plus dans la découverte que dans la dérision. Parce que parfois, c’est un peu blessant ou désagréable. Se moquer de soi-même c’est bien. Se moquer des autres, c’est moins bien».

La propagation de cette rumeur a entraîné une levée de boucliers massive pour la préservation de l’émission de la part des internautes, mais également de personnalités médiatiques et politiques.

Ainsi, sur les réseaux sociaux, les contestations ne se sont pas fait attendre pour combattre une possible décision de Vincent Bolloré (partageant des affinités politiques avec Nicolas Sarkozy) de supprimer le programme. À l’aide du mot-clic #TouchePasAuxGuignols, des personnalités politiques ont exprimé leur soutien aux Guignols, dont ils sont pourtant les souffre-douleur. Ainsi, le maire de Bordeaux et ancien ministre, Alain Juppé, le député européen, Jean-Luc Mélenchon, ou le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, ont affiché leur soutien sur Twitter, entre autres. Troquant tour à tour leur photo de profil pour celle de leur marionnette, dénonçant les comportements des hauts dirigeants ou invitant à signer la pétition en ligne dédiée à la préservation de l’émission, les formes de soutien ont été diverses et proviennent de différents bords politiques.

Le créateur des Guignols s’étant éteint le 29 juin dernier, le débat se présente de façon ironique. Certains internautes, dont l’ancien co-auteur des «Guignols de l’info», Bruno Gaccio, n’ont pas hésité à faire le lien entre les deux événements.

D’autres ont fait un pas de plus dans le soutien à l’émission. Ainsi, Pierre Lescure, ancien président de Canal+, a démissionné du conseil d’administration de Havas (dont Vincent Bolloré est le propriétaire): «J’ai démissionné de Havas en apprenant la nouvelle qu’il y avait une menace de suppression de l’émission, a précisé M. Lescure aux Échos. C’est aussi pour avoir, le cas échéant, la liberté de m’exprimer. J’espère que je n’aurai pas à le faire…», a-t-il déclaré. De son côté, Delphine Ernotte, directrice de France Télévisions, a même offert «l’asile» aux marionnettes sur ses chaînes.

C’est finalement aujourd’hui que le fin mot de l’histoire est arrivé. Lors d’un comité d’entreprise, Vincent Bolloré, s’est lui-même exprimé sur la question: les Guignols ne seront finalement pas supprimés, car ils représentent une émission «indissociable de la chaîne». En revanche, il semblerait que le format de l’émission soit changé et passe en diffusion hebdomadaire, d’après certaines rumeurs…

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