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Personnalisation versus «découvrabilité»?

40% des utilisateurs de Facebook ne savent pas que leur fil de nouvelles ne représente qu’une fraction des publications de leurs amis et des pages auxquelles ils sont abonnés.

C’est ce qu’indiquent les auteurs du rapport sur les tendances 2015 du Fonds des médias du Canada, qui vient de faire paraître la mise à jour de mi-année de son étude parue en janvier, Le défi du grand flou. Celui-ci s’intéresse aux effets de la transition numérique sur la consommation des médias.

Une des tendances mises en lumière par ce rapport concerne ce que les auteurs nomment les «bulles de filtres» créées par les algorithmes des plateformes les plus populaires. En effet, dans un monde de plus en plus connecté, les utilisateurs tendent à accéder au web par un nombre divers de plateformes: Facebook, Google, Netflix, Amazon, etc. Ces plateformes en ligne et applications mobiles apparaissent à l’utilisateur sous une forme reposant sur son identité numérique. Conçue à partir des données comme l’historique de recherche et le type d’appareils employé pour accéder au web, ladite identité permet aux géants du web de se présenter à l’utilisateur dans une forme hyperpersonnalisée, mais incomplète.

Plusieurs internautes n’ont pas conscience que ce qui leur parvient comme information par ces plateformes est le résultat filtré d’un algorithme. Par exemple, 40% des utilisateurs de Facebook ignorent que leur fil de nouvelles filtre tout sauf une fraction des publications de leurs amis et des pages auxquelles ils sont abonnés.

«Il est peu probable qu’un internaute trouve du contenu ne correspondant pas à ses préférences ou à son historique de navigation.»

Cette personnalisation se traduit par une diminution de la «découvrabilité» des contenus générés par les créateurs. «En fait, il est peu probable qu’un internaute trouve du contenu – à moins de le chercher sciemment - ne correspondant pas à ses préférences ou à son historique de navigation», notent les auteurs de l’enquête.

Ces derniers rapportent aussi que ces algorithmes privilégient certains contenus au détriment d’autres: vidéos téléversées directement sur leur plateforme, site compatible avec appareils mobiles, contenu publicitaire payant – sur Facebook, la présentation des publicités payantes a augmenté de 8% l’an dernier, alors que l’affichage du contenu exempt de pub a chuté de 35% pour la même période.

Ce rapport du FMC explore également des thèmes tels que la production de contenu original, le visionnement de jeux en ligne, les sports électroniques, et l’écoute de la télévision traditionnelle auprès des adolescents. Découvrez l’étude en suivant ce lien

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