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Cannes: tout donner à son auditoire

Cannes - Lors de cette première journée de conférences au Festival international de la créativité de Cannes, le fondateur de Tinder et le directeur de création du magazine Paper s’entendaient sur une chose: écouter – et nourrir – son auditoire. 

Tinder veut connecter le monde – et ses utilisateurs – avec les marques. Le cofondateur de l’application de rencontres en ligne géolocalisée, Sean Rad, était parmi les conférenciers à prendre la parole dimanche. Il est revenu sur les débuts fulgurants de son application mobile née en 2012, qui serait à l’origine de presque huit milliards de connections entre utilisateurs à ce jour. Comment explique-t-il un tel succès? «Il s’agit simplement de connaître son auditoire. Les humains ressentent depuis toujours le besoin de se rencontrer. Récemment, les médias sociaux ont donné plus de valeurs à nos contacts, mais les moyens de rencontrer les gens étaient demeurés sensiblement les mêmes – jusqu’à Tinder.»

«Récemment, les médias sociaux ont donné plus de valeurs à nos contacts, mais les moyens de rencontrer les gens étaient demeurés sensiblement les mêmes – jusqu’à Tinder.»

Tinder semble populaire auprès des marques, qui peuvent désormais s’intégrer à même l’outil parmi les candidats potentiels recherchés par les utilisateurs. «Ce modèle fonctionne très bien, car nos abonnés se trouvent sur Tinder en mode découverte, recherchent ce qui les intéresse parmi des renseignements leur apparaissant a priori au hasard. Il s’agit d’une belle occasion pour les marques.» Notons qu'au Québec, l'agence DentsuBos a déployé l'an passé pour Adoption animale Rosie la campagne Tinderdoption sur ce réseau, ce qui lui a valu un Grand Prix Créa.

Comment un tel réseau social parvient-il à survivre dans un monde où la mobilité et la gratification instantanée ont rendu les consommateurs extrêmement friands de connexions, rencontres, contacts et contenu? «Les gens sont devenus de plus en plus rapides pour digérer le contenu, mais cela ne le dénude pas de sens, affirme Sean Rad. Alors, à moins de continuer de leur fournir ce qu’ils désirent, les réseaux sociaux sont destinés à mourir.»

Mourir… ou survivre grâce à son auditoire numérique
Donner à son auditoire ce qu’il veut: c’est une des prémisses à la base du virage numérique qu’a pris – de manière assez fulgurante – le magazine Paper avec son coup d'éclat #BreakTheInternet. Le périodique new-yorkais à saveur indie, qui fêtait en 2014 son 30e anniversaire, a marqué un grand coup avec sa couverture mettant en scène la vedette de télé-réalité Kim Kardashian. Drew Elliott, directeur de création de la publication, a rappelé en conférence la nécessité de trouver un modèle adapté au goût du jour et viable sur le numérique avant tout: «Notre modèle était bancal. 65% de nos revenus provenaient du magazine imprimé, 22% de notre agence de marketing interne… et 13% du numérique. Nous avions besoin d’une nouvelle façon de penser: plutôt que de réfléchir comme un magazine, nous avons commencé à penser comme une société de divertissement.»

«Nous avions besoin d’une nouvelle façon de penser: plutôt que de réfléchir comme un magazine, nous avons commencé à PENSEr comme une SOCIÉTÉ de divertissement.»

En observant qui étaient les lecteurs et sur quels plateformes ils se trouvaient, l’équipe de Paper a employé l'édition imprimée – particulièrement sa couverture – pour déployer un grand coup sur le web. Un seul critère: la personne choisie devait avoir un auditoire soutenu, surtout en ligne.

Les photos de la couverture avec Kim Kardashian ont été dévoilées le 11 novembre dernier. Au cours de cette même semaine, 50 millions d’internautes se sont rendus sur le site web de Paper. «Seulement pendant la journée du 12 novembre, 1% de l'achalandage internet total des États-Unis s’est dirigé vers papermagazine.com!», rapporte Drew Elliott.

À ceux tentés de voir la manœuvre comme un coup d’éclat sorti de nulle part, Drew Elliott répond qu’il s’agissait au contraire d’un plan stratégique savamment orchestré. Et s’il a porté ses fruits, Paper atteindra un revenu provenant du numérique deux fois plus important que celui du papier en 2016, selon ses prédictions.  

Infopresse sera à Cannes toute la semaine pour couvrir la 62e édition du Festival International de la créativité. Pour toutes les nouvelles en direct du Palais des Festival et de la Croisette, suivez-nous sur infopresse.com, et sur nos plateformes sociales: Twitter/Periscope, Facebook et Instagram. L'ensemble des résultats et articles se trouvent également dans un dossier spécial sur le site web d'Infopresse.

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