La référence des professionnels
des communications et du design

Réalité virtuelle et augmentée: quel potentiel pour les entreprises?

Contenu enrichi, réalité augmentée et virtuelle, les nouvelles technologies font parler et intriguent. Jean-Pascal Beaudoin fait le point sur ce nouveau modèle d’influence.

Ces nouvelles technologies, qui permettent aux consommateurs d’interagir directement avec les produits ou de vivre des expériences hors du commun, peuvent ajouter de la valeur à une publicité et prolonger sa durée de vie. C'est une manière nouvelle de s’adresser aux consommateurs et de développer une relation dynamique en plus de se démarquer des canaux traditionnels, dont les consommateurs sont de plus en plus las. Mais est-ce un gage de succès? L'avis de Jean-Pascal Beaudoin, directeur de la réalité virtuelle et des projets spéciaux des Studios Apollo et cofondateur de Headspace Studio.

Leur réel potentiel réside dans le pouvoir immersif et l’interactivité, deux éléments porteurs d’engagement et d’une impression mémorielle durable.

Réalité virtuelle, réalité augmentée, quelle est la différence?
Il est essentiel de distinguer VR (réalité virtuelle) et AR (augmented reality), car, bien qu’elles se fondent toutes deux sur un objectif d’immersion, les différences entre ces deux technologies sont plus nombreuses que les similitudes.
 

Le nouveau casque de réalité virtuelle conçu par Dior pour visiter les coulisses des défilés de la marque 

La première s’expérimente à l’aide d’un casque, nous transportant dans un monde virtuel alternatif entièrement fabriqué qui remplace notre environnement par un autre. La seconde ajoute une couche virtuelle au monde réel à l’aide d’un dispositif matériel beaucoup plus léger, moins intrusif. Conséquemment, si le VR s’adresse avant tout aux univers du divertissement et de la simulation, l'AR trouvera son utilité dans une foule d’applications de la vie courante.

Alors que les consommateurs sont de plus en plus critiques (et moins attentifs), quel potentiel ces technologies représentent-elles pour les marques?
Je crois qu’on peut affirmer que ces deux technologies immersives recèlent un potentiel relationnel inédit entre consommateurs et marques. Leur réel potentiel - pas seulement pour les marques - réside dans le pouvoir immersif et l’interactivité, deux éléments porteurs d’engagement et d’une impression mémorielle durable. Ajoutons à cela l’accès à du contenu exclusif, et le potentiel est décuplé.

Nous assistons véritablement à la naissance d’un nouveau médiA. 

Prenons l’exemple d’une expérience de réalité virtuelle qui permettrait d’assister à une période d’un match de hockey en direct du banc des joueurs. De ce meilleur siège de l’amphithéâtre, les frissons sont garantis, et l'expérience est commanditée par [insérer la marque], dont la bannière personnalisée se trouve justement bien vue de l’autre côté de la glace. Entre un tel scénario (il en existe 1000 autres) et le format message télé de 30 secondes, l’écart de potentiel me semble éloquent.

Ces nouveaux outils sont-ils appelés à se développer à grande échelle ou resteront-ils marginaux?
Ils se développeront sans doute à grande échelle. C’est d’ailleurs le pari de Mark Zuckerberg lors de l’acquisition d’Oculus par Facebook pour deux milliards$US: en faire la prochaine plateforme de communication, tout simplement.

Et à quoi faut-il porter attention?
L’enthousiasme autour de la réalité virtuelle est sans précédent. En démontrant les projets que j’ai réalisés en collaboration avec Félix & Paul Studios ces 15 derniers mois, j’ai pu assister à la «première» d’une expérience de VR de centaines de personnes, et leurs réponses me surprennent encore. Rares sont ceux qui ne sont pas emballés, voire émerveillés. 

AVANÇONS DONC AVEC UN ENTHOUSIASME CERTAIN, MAIS PRENONS CONSCIENCE QUE LE VR N’EST PAS UNE PANACÉE QUI RENDRA COMME PAR MAGIE UN PRODUIT MEILLEUR OU PERTINENT.

Aussi, je comprends que la réalité virtuelle semble séduisante pour l’industrie publicitaire et qu'il est facile de se laisser prendre au jeu d’imaginer les innombrables applications possibles. Pourtant, seulement quelques expériences de VR que j’ai vues sont véritablement concluantes; que ce soit en raison de la réalisation, du storytelling, de l’exécution technique ou de toutes ces raisons. Nous assistons véritablement à la naissance d’un nouveau média. Si l'on y pense bien, pareille occasion ne s’était pas présentée depuis l’arrivée du cinéma! Au risque de me répéter, le potentiel pour les marques est inédit.

Donc, avançons avec un enthousiasme certain, mais prenons conscience que le VR n’est pas une panacée qui rendra comme par magie un produit meilleur ou pertinent. Si c’est indéniablement le truc cool du moment, ça n’en fait pas nécessairement la nouvelle case à cocher sur la liste de la prochaine campagne. J’espère que les efforts se porteront, comme pour toute bonne création, sur la pertinence et l’innovation, en évitant l’intrusion et l’opportunisme.

 

comments powered by Disqus