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Transaction Renaud-Bray et Archambault: analyse des experts

La vente du groupe Archambault par Québecor à son concurrent Renaud-Bray a suscité plusieurs réactions. Que dire de cette transaction et comment l’interpréter? Jacques Nantel, professeur titulaire de HEC Montréal, et Jean-François Renaud, associé-fondateur d'Adviso, commentent.

La transaction a été expliquée ainsi par Blaise Renaud: «Dans le contexte économique difficile actuel et qui a touché durement plusieurs détaillants québécois, Renaud-Bray et Archambault ont aussi l'obligation de s'adapter et de se renouveler pour faire face à l'avenir.» Mais qu’en est-il vraiment?

Il est question d’une industrie oÙ les marges sont de plus en plus réduites. Pour être profitable, il faut augmenter le volume des ventes. 

La consolidation, une action nécessaire?
Jacques Nantel, qui a siégé pendant plus de 10 ans au conseil d’administration de Renaud-Bray, explique: «Il est question d’une industrie où les marges sont de plus en plus réduites. Pour être profitable, il faut augmenter le volume des ventes. En principe, les marges sur les livres sont protégées. Mais comme les mêmes livres sont offerts en ligne et en d’autres formats, l'industrie devient de plus en plus compétitive, d'où l'importance de consolider une entreprise et d'augmenter son chiffre d'affaires. Il faut d’ailleurs s’attendre à d’autres transactions dans cette même industrie.»

le nombre de requêtes pour renaud-bray dans google décline depuis quelques années

Défis à l’horizon
Si cette vente permettra à Renaud-Bray, joueur le plus important au Québec dans le livre, d’augmenter son pouvoir d’achat, il lui faudra également réussir à se positionner face à des concurrents de plus en plus menaçants comme Amazon. «Du point de vue web, les deux entreprises devront mettre les bouchées doubles pour se positionner comme un joueur crédible en commerce électronique, croit Jean-François Renaud. Il leur faudra améliorer leur stratégie média numérique et l’expérience web, puis relever le défi de rendre le livre numérique viable et rentable, ce que ce nouveau pouvoir dans la chaîne de distribution pourra peut-être aider. Mais surtout, il leur faudra travailler le rayonnement de la marque et établir une stratégie de positionnement favorable. Parce que pour le moment, leur cote d’amour en déclin leur nuit certainement.» 

Quel avenir pour les indépendants?
Concernant les libraires indépendants qui pourraient être menacés par cette nouvelle, Jacques Nantel estime qu'il y a un avenir pour les indépendants s’ils se positionnent bien et s’ils savent se démarquer au chapitre de l’expérience. «Ce ne sera pas le prix, mais l’expérience humaine en magasin qui leur permettra de se démarquer et d'assurer leur viabilité.»

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