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Une étude révèle l'influence du numérique sur l'attention des Canadiens

Deux Canadiens sur trois utilisent d'autres appareils en regardant la télévision. C'est ce que dévoile une étude de Microsoft.

En 2000, la capacité d’attention des consommateurs était de 12 secondes. Elle est aujourd’hui de huit secondes. Le cerveau des Canadiens change et la capacité à se concentrer pour une période prolongée diminue. Mais s’ils perdent vite leur intérêt, c’est pour le consacrer ailleurs. 

Plutôt que de décrocher complètement, le consommateur continue à s’impliquer dans un milieu où le marketing est présent.

Par exemple, 79% des 18-24 ans emploient d’autres appareils lorsqu’ils regardent la télévision et 77% ont tendance à prendre leur téléphone lorsque l’attention n’est portée sur rien de précis. Mais le deuxième écran est utilisé durant les temps morts. Cela signifie que, plutôt que de décrocher complètement, le consommateur continue de s’engager dans un milieu où le marketing est présent. Donc, le multiécran ne réduit pas les répercussions de la publicité. En réalité, il améliore la capacité de passer d’une tâche à une autre, à traiter le flux d’information, à connecter les émotions et à encoder dans la mémoire. Le public a ainsi de plus en plus de courtes périodes à très forte attention. 

Dans ce nouvel environnement où trois Canadiens sur quatre (neuf sur 10 pour les post-boomers) emploient plusieurs appareils à la fois, il faut comprendre les changements et s’y adapter: si la capacité pour une durée prolongée diminue, la réceptivité aux stimulis augmente. Les stratégies de marketing doivent suivre le mouvement. Puisque 49% des Canadiens se disent plus susceptibles d’être attentifs si l’information est présentée dans le bon contexte et au bon moment, il faut déjouer les attentes et profiter du mouvement des consommateurs sur différents outils pour attirer l'attention.

Quelques considérations sont nécessaires pour les spécialistes du marketing afin de s’adapter aux changements:

  • Il faut passer un message clair et concis et aller droit au but: comme il n’est pas toujours possible de créer une histoire captivante, l’information importante doit être transmise dès le début.
  • Ensuite, on doit personnaliser le message: 41% des Canadiens aiment que les publicités tiennent compte de leurs préférences et intérêts. Il faut aussi y intégrer une valeur claire démontrant de quelle façon prêter une attention soutenue améliorera la vie du consommateur.
  • Enfin, il faut bouger et être interactif, incorporer des incitatifs à l’action, bâtir des expériences immersives sur tous les écrans. Si les Canadiens sont plus distraits par différents appareils, il faut aller les toucher sur toutes les plateformes et profiter de leurs courtes périodes de grande attention et d’encodage efficace. 

Le public a ainsi de plus en plus de courtes périodes à très forte attention. 

Ces changements de capacité d’attention ne sont pas liés à des données démographiques, dont l’âge. Le tout est plutôt directement lié à l’environnement des individus. En effet, lorsque les Canadiens n’utilisent qu’un seul écran, la capacité à éliminer les distractions n’est pas touchée. 

L'étude de Microsoft comprenait un sondage en ligne auprès de 2000 Canadiens, ainsi que l'observation de plus de 100 participants accomplissant des tâches tandis que leurs ondes cérébrales ont été mesurées avec un électroencéphalogramme.

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