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Commerce électronique: les Québécois ont dépensé 6,6 milliards$ en 2014

La plus récente étude du Cefrio sur le commerce électronique est dévoilée aujourd'hui. Stéphane Grünenwald de Novactive et Lionel Pardin de LP Global Dynamics reviennent sur les résultats de cette enquête.

En 2014, un adulte québécois sur deux (49,4%) a réalisé au moins un achat en ligne. Les cyberacheteurs québécois ont dépensé en moyenne 292$ par mois en 2014, ce qui permet d’évaluer à 6,6 milliards$ le total des achats en ligne réalisés par les adultes d'ici. En 2013, ce montant s'élevait à 7,3 milliards$. Cette baisse est principalement attribuable à la diminution des achats dans la catégorie «voyage et transport».

sTÉPHANE GRÜNENWALD

Novactive

Les terminaux mobiles ont la part belle
Selon les chiffres du Cefrio, un adulte sur quatre (24,6%) a réalisé un achat sur son téléphone intelligent ou sa tablette numérique en 2014 (18,8% en 2013). Le web est réellement intégré aux habitudes de magasinage en ligne et hors ligne des internautes québécois: 46,2% achètent en ligne un produit repéré en magasin et 60,3% ont acheté en succursale un article trouvé en ligne. Le web est notamment employé comme un moyen de s’informer sur les produits: 78,3% des internautes y consultent au moins une source d’information.

Comment expliquer que les terminaux numériques soient davantage utilisés pour s’informer que comme moyen de passer à l’acte d’achat? «Les détaillants doivent intégrer l'appareil mobile dans l’expérience d’achat, estime Stéphane Grünenwald, directeur général, ventes et conseil, de Novactive. Les consommateurs sont prêts. Ils savent que cette expérience nécessite un certain niveau de partage de renseignements en échange d’une expérience personnalisée. Le commerçant y a grand intérêt tant en matière d’acquisition de clientèle que de rétention.» «Il existe des terrains vierge à fort potentiel; comme l'expérience d'achats sur tablette, dit pour sa part Lionel Pardin, consultant de LP Global Dynamics. Rares sont les initiatives innovantes comme celles de La Presse+ permettant de bénéficier d’une expérience originale. Si le commerce électronique veut continuer de progresser, les experts du domaine doivent faire preuve de créativité.»

Lionel Pardin

Lp Global Dynamics

Le type d'entreprises impacte la confiance du consommateur
L'enquête du Cefrio révèle que les consommateurs accordent moins de confiance aux petits commerçants indépendants. Ces derniers obtiennent 6/10 en matière de facilité des transactions en ligne et 5,4/10 pour la sécurité. Les grands détaillants, eux, récoltent une note de 7,2/10 en ce qui concerne la facilité des transactions en ligne et 7/10 quant à la sécurité.

 «Ces chiffres traduisent un décalage grandissant entre les attentes des consommateurs et le dispositif numérique des PME, déclare Stéphane Grünenwald. Les détaillants doivent donner un accès à leur catalogue de produits dans une boutique en ligne et mobile. Ils doivent aussi être transparents au sujet de l’utilisation des données ou du traitement de la transaction. À eux de recourir à des systèmes sécurisés connus comme PayPal et, surtout, de communiquer.»

Lionel Pardin rejoint ce point de vue: «Les petits commerçant doivent intégrer le commerce électronique à leurs communications. Il faut souvent deviner qu'ils ont un site. Et lorsque c'est le cas, ledit site offre peu d'avantages, de contenus à haute valeur ajoutée ou de services originaux. Aujourd’hui, l'accès au commerce électronique est plus simple et moins coûteux, grâce à des plateformes comme Shopify ou Woo. Les PME devraient devancer les grandes marques en adoptant des technologies innovantes plus difficiles à intégrer dans une grande organisation.»

PME, l'union fait la force?
«Au Québec, il est parfois difficile de changer les habitudes en matière de commerce de détail. Résultat: des enseignes disparaissent et des clients se tournent vers des commerçants électroniques américains» déplore Stéphane Grünenwald. «Il y a tout de même de petites structures québécoises qui se démarquent, comme le lunettier Bon Look, juge Lionel Pardin. Les PME devraient se regrouper dans leur approche de commerce électronique. Comme ont compris certains, tel routedesvins.com (plateforme autour du vin au Québec regroupant de nombreuses PME) l’union fait la force.»

Retrouvez les résultats détaillés de l'enquête du Cefrio.

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