La référence des professionnels
des communications et du design

Paul Lavoie: «Je veux que Taxi remonte sur scène à Cannes»

Parmi ses récents gains, Taxi Montréal a annoncé la semaine dernière qu’elle décrochait le compte de Cogeco; de quoi injecter du sang neuf dans une agence qui, après deux années difficiles, est sur une lancée. Paul Lavoie et Pascal de Decker font le point.

pascal de decker

«Je suis arrivé dans un bateau qui coulait. C’était un mandat casse-gueule: si Taxi ferme demain, ce sera moi, le directeur général qui était là au moment mettre la clé dans la porte. Mais je peux aussi être celui qui, avec son équipe, a remis Taxi Montréal sur pied.»

Les dernières années ont été dures pour l’agence née à Montréal en 1992. Des comptes qu’elle a perdus récemment, le départ de celui de Telus en 2014 (dans le giron de Taxi depuis 1995), a sans doute été le plus douloureux. Il mettait une centaine d’employés à profit au sein du réseau. Afin de combler le manque à gagner, une quinzaine de postes ont été abolis, notamment parmi des membres de la haute direction. 

paul lavoie

Ces changements ont eu pour effet de ramener le président et fondateur de Taxi, Paul Lavoie, sur le terrain de la création. «L’idée était de saisir cette occasion pour concevoir une agence plus agile. Rob Guenette [président et chef de la direction de Taxi] et moi sommes désormais plus proches du produit et de nos clients. Cela nous permet de prendre des décisions plus vite; c’est la clé – aujourd’hui plus que jamais. J’ai aussi comme mandat de soutenir les directeurs de création exécutifs du réseau, dont Pascal à Montréal. Et j'ai un objectif personnel: je veux que Taxi remonte sur scène à Cannes.»

Rétablir le lien de confiance

«Taxi Montréal était devenue très dépendante des succès et insuccès du réseau.» 

Pascal de Decker est arrivé en poste il y a un an et demi, d’abord comme directeur de création (succédant à Dominique Trudeau), puis à titre de directeur général (remplaçant Christian Quenneville). Premier mandat: changer la perception de l’agence, à l’intérieur du réseau. «Taxi Montréal était devenue très dépendante des succès et insuccès du réseau. Les gens ne voulaient pas faire appel au bureau de Montréal, la relation de confiance était brisée - j’ai dû la rétablir.» 

C’est en réitérant son désir de collaboration auprès des autres bureaux, puis en rencontrant les employés de Montréal pour leur communiquer clairement la philosophie de l’entreprise qu’il s’est attelé à la tâche. 

«Pour moi, Taxi est une marque, une agence avec de la personnalité et dont je partage les valeurs, axées sur la création et la stratégie. Je me suis assis avec les employés, afin de m’assurer que nous repartions tous avec les mêmes bases. Ensuite, j’ai commencé à pitcher. Et on a gagné pas mal de choses, seulement avec la succursale de Montréal ou avec le réseau.» Cogeco, Léon, Kraft Dinner, Nabob et Casino Rama sont parmi les récents gains de Taxi, qui embauchera bientôt une quinzaine de personnes à Montréal et qui devrait annoncer de nouveaux mandats d’ici septembre. 

«La situation change, et nous avons un plan.»

Lorsqu’on demande à Paul Lavoie si la vente de Taxi au réseau WPP en 2010 à contribué à plomber les affaires à Montréal, ce dernier rappelle que nombreuses agences fonctionnent selon leurs propres conditions au sein de grands réseaux – il cite RGA, Goodby Silverstein, Crispin Porter + Bogusky. Aussi, il juge la culture de Taxi assez forte pour ne pas s’homogénéiser sous l’enseigne WPP. «Taxi Montréal a été dans l’ombre depuis quelques années – et cela date d’avant la vente. Mais la situation change, et nous avons un plan. Pascal a des standards élevés et un grand sens du leadership. Tout est dans le leadership.» 

«Arrêtons d’avoir la vision que toutes les richesses nous fuient. Nous avons les moyens de ramener des comptes nationaux ici.»

Quant à Pascal de Decker, il voit grand: «Beaucoup de gens se plaignent que les comptes nationaux partent. C’est faux: nous en gagnons. Arrêtons d’avoir la vision que toutes les richesses nous fuient. Nous avons les moyens de ramener des comptes nationaux ici, à condition de nous équiper correctement. On ne peut pas jouer petit, ne pas avoir de planification stratégique, ne pas investir dans la création ou le service-conseil; on ne peut pas avoir une structure de débutants partout. On a besoin d’équipes costaudes pour être capable d'aller les chercher. Et je suis fier d'être de la partie.»

comments powered by Disqus