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Grégoire Baret amorce un nouveau chapitre

Alors qu’il tourne la page sur quatre ans chez Nurun, Grégoire Baret fait le point sur son parcours et sa vision d’une industrie qui gagne à se débarrasser de ses vieux réflexes. 

«C’est un nouveau chapitre pour moi. J’ai passé quatre ans chez Nurun, et je suis fier d’avoir contribué à son évolution, à y bâtir la culture du design thinking.»

Celui qui occupait jusqu’à tout récemment la vice-présidence exécutif du bureau montréalais de l’entreprise a le design de service à cœur. Et il compte bien continuer de développer cette notion, en agence ou ailleurs. «Je suis un homme de conviction. Tout ce qui concerne le design d’interaction, la construction d’expérience par les nouveaux médias est au centre de mes intérêts. Les voies qui s’ouvrent à moi aujourd’hui convergeront certainement autour de ces notions. Que ce soit dans une logique d’entrepreneuriat, au sein d’une agence ou auprès d’un annonceur, cela restera le chemin que je veux poursuivre.»

Selon l’expert, les marques ont tout intérêt aujourd’hui à voir l’expérience comme un tout, cohérent et pertinent pour l’utilisateur. Fini l’ère des créatifs en agence d’un côté et des experts numériques de l’autre: l’industrie doit travailler au service d’une expérience intelligente, pour le client et l’utilisateur. «Que ce soit un message télé spectaculaire, un coup d'éclat, une expérience en magasin ou un rapport d’interface: la personnalité d’une marque se reflète partout, jusque dans le détail d’un texte, dans la qualité de transition d’animation ou dans la métaphore employée pour offrir un service. L’expérience est partout. Il faut y injecter des éléments de personnalités qui vont refléter ce qu’est la marque, puis renforcer le sentiment positif de l’utilisateur par rapport à elle.» À ce titre, Grégoire Baret cite notamment Virgin America, qui a transformé l’acte de réserver un voyage aérien en une expérience ludique et efficace.

«Nous devons tous, comme industrie, être capables de prendre de la distance par rapport à des réflexes traditionnels ou répétitifs.»

S’il admet que les annonceurs sont de plus en plus sensibles à ces questions, il souligne qu’un certain travail demeure nécessaire. Au sein des entreprises, mais surtout au sein des agences: «Il faut s’assurer de sortir d’une certaine routine de communication, de production. Nous devons tous, comme industrie, être capables de prendre de la distance par rapport à des réflexes traditionnels ou répétitifs. On doit ramener de la valeur de service, de la prise en compte de contexte, des gens et ce qu’il faut résoudre pour eux. En couplant cela avec les tendances émergentes, de nouvelles possibilités vont émerger, avec de vrais bénéfices, autant pour les marques que pour les utilisateurs.»

En terminant, Grégoire Baret met aussi l’industrie en garde contre le danger de s’enfermer dans la simple réalisation de projets, en négligeant le temps de réflexion que l’expert devrait consacrer aux projets de ses clients. «J’y vois une nécessité de lutter éternellement contre la commodité. Il est facile, à mesure qu’on devient expert dans la réalisation de sujets complexes, de devenir un centre de production, d’adhérer à une logique plus de prise de commande plus que de prise de recul. C’est une idée pour laquelle je me suis battu lors de mon précédent mandat et pour laquelle je continuerai de me battre.»

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