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La carte de crédit est loin de disparaître

Entre Apple Pay et Google Wallet, où en sommes-nous avec le paiement mobile au Québec? Deux experts font le point.

Fast Company classait Apple Pay, nouveau service de paiement mobile d’Apple, au sixième rang des 10 sociétés les plus innovantes en matière d’argent pour 2015. Selon le magazine américain, qui qualifie la marque «d’enfant cool du marché détenant le pouvoir de modeler les habitudes de consommation», le timing est du côté d’Apple, qui a lancé ce service en octobre dernier, de pair avec le dévoilement de son iPhone 6. 

Une étude menée en décembre montre que la moitié des internautes américains se sont pas familiarisés avec les technologues liées au paiement mobile.

Si l’accès d’Apple à 800 millions de cartes de crédit par son iTunes Store pourrait lui donner un certain élan, le paiement mobile est encore peu développé, même aux États-Unis: une étude menée en décembre 2014 par Wakefield Research pour Verifone montre que la moitié des internautes américains ne sont pas familiarisés avec les technologues liées au paiement mobile, que ce soit la puce NFC ou les portefeuilles mobiles. 

Parmi les applications de portefeuilles mobiles utilisées par les internautes, Google Wallet est la plus répandue (47%), devant Apple Pay (30%) et Softcard, anciennement Isis Wallet (14%). D’ailleurs, Google a annoncé lundi dernier l’acquisition de technologies et brevets de cette dernière, contrôlée par les opérateurs de téléphonie américains AT&T, T-Mobile et Verizon, afin d’améliorer son propre service. Les téléphones intelligents vendus par ces trois sociétés et munis du système d'exploitation Android seront désormais tous dotés de l’application Google Wallet. 

Au Canada, rien de significatif n’a encore été annoncé: «Nous espérons rendre Google Wallet accessible mondialement, mais n’avons pas de plan spécifique à dévoiler pour le moment», indique Jennifer Kaiser, responsable des communications et des affaires publiques de Google Canada.

nicolas baldovini

lg2

«Il n’existe pas encore de standards en matière de paiement mobile, et l'on mettra encore quelques années à voir cette industrie se stabiliser, ici comme à l’international, croit Nicolas Baldovini, stratège UX de Lg2. Les joueurs sont nombreux sur le marché. Mais Apple et Google représentent ensemble des acteurs majeurs – tous les utilisateurs de Google et Apple vont bénéficier d’un support pour paiement mobile dans leur téléphone. Cela représente une masse critique de consommateurs.»

julie lemonde

consultante en marketing et technologie

Miser sur l’expérience
La consultante en marketing numérique et technologie Julie Lemonde croit qu’il faut d’abord envisager la question du paiement mobile du point de vue de l’expérience, comme ce qu’offre le service de taxi Uber: «Le but ultime en paiement mobile est de faire complètement disparaître la carte de crédit, au profit du téléphone intelligent – comme on a vu les cartes remplacer l’argent comptant. Mais le chemin à parcourir est encore long. Donc, je crois que pour le moment, il faut plutôt aborder la question du paiement mobile en matière d’expérience utilisateur. Prenons Uber, par exemple, qui nous offre ici ce qu’il y a de plus mainstream en la matière. Peu de gens se rendent compte qu’il s’agit d’une forme de paiement mobile, mais son application facilite bel et bien le paiement. Cela contribue certainement à la popularité du service.»

À l’instar d’Uber, à qui sied le développement d’un mode de paiement mobile? «À des annonceurs matures sur le plan transactionnel, souligne Nicolas Baldovini. De plus, ceux-ci doivent avoir un lien avec une clientèle aux habitudes de fréquentation quotidienne: un café ou un resto, par exemple. Starbucks, qu’on connaît bien ici et qui a conçu sa propre solution de paiement mobile, en représente un bon exemple.»

Pour les commerçants, la question du coût constitue aussi, ultimement, un frein à la popularisation du paiement mobile: «Remplacer son terminal avec du matériel capable de lire un téléphone intelligent nécessite un investissement important», conclut Julie Lemonde.

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