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Journalistes et contenu de marque: avis d’experts

À la suite de la dénonciation des pratiques de certaines agences de marketing web par l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) des spécialistes de l’industrie donnent leur avis.  

L'AJIQ rapporte que dans les derniers jours, ses membres ont été sollicités par des analystes en marketing web de la région de Montréal pour écrire des articles d’actualité, notamment sur le conflit qui oppose les pompiers de Montréal et l'administration du maire Coderre. Cette initiative contrevenant aux règles de déontologie de la profession, l’AJIQ, a qualifié la situation «d’inacceptable».

L'avis d’experts des médias et du marketing

Karine Courtemanche

présidente de Touché!

Karine Courtemanche, présidente de Touché!: «L'élément important, c'est que l'association ne se déclare pas contre le branded content, soit l'espace payé par l'annonceur, dans lequel on fait vivre une stratégie de contenu. Dans ce cas-ci, l'on parle d'une pratique plutôt douteuse où l'on demande à des journalistes, publiés par des sites web, d'utiliser leur relation de confiance pour "ploguer" un syndicat. Le site ne sait donc pas que le journaliste s'est fait payer par le syndicat. C'est l'équivalent de payer un commentateur pour qu'il émette une opinion en ondes. Cette pratique est illégale et non éthique. Mais ça ne veut pas dire que le branded content ne soit pas souhaitable. Au contraire, si un annonceur emploie de l'espace commercial afin d'éduquer, divertir ou apporter une valeur ajoutée aux consommateurs, c'est une situation gagnant-gagnant tant pour l'annonceur et le média que le consommateur.» 

 

Jacques Nantel

Professeur Titulaire de Marketing de HEC Montréal

Jacques Nantel, PhD, professeur titulaire de marketing de HEC Montréal: «Non, cela n’est pas du journalisme, tout comme Airbnb n’est pas de l’hôtellerie et qu'Uber n’est pas du taxi. Mais pour les utilisateurs, tout comme pour les lecteurs, qui, les uns comme les autres,  ne sont pas des cons, la chose importe possiblement peu. La question alors est de savoir quels enseignements tirer de ces mutations.»

 

 

 

Jonathan Nicolas

Associé et planificateur stratégique de Substance Stratégies

Jonathan Nicolas, associé et planificateur stratégique de Substance stratégies: «Lorsque l'hameçonnage s'est mis à proliférer parmi les courriels, les gens n'en sont pas revenus aux lettres et aux télécopies. De la même manière, l'encadrement et les meilleures pratiques en marketing de contenu ont visiblement encore besoin de faire du chemin, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain!»

 

 

John Pankert

Chef d'équipe, stratégie, de TP1

John Pankert, chef d'équipe, stratégie, de TP1: «Ce qu'on remarque, c'est le manque de discernement des analystes en marketing responsables de l'Association des pompiers de Montréal. Bien que l'échange de lien et de visibilité soit pratique commune en référencement organique et en marketing numérique, dans ce cas précis, ça va complètement à l'encontre de l'intégrité et de l'éthique de la profession de journaliste. Dans le cas de blogueurs rémunérés par une marque, par exemple, on s'attendrait à ce que leur lien soit clairement mentionné. Dans le cas de journalistes, la pratique est controversée, certes, mais aussi à l'encontre des fondements du travail journalistique. Au final, cette pratique a l'effet contraire et nuit à la cause qu'elle tente de défendre.»

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Image provenant de Life of pix

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