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Bota Bota: «Une association d'idées aussi malheureuse que circonstancielle»

Certains y ont vu une allusion à la crise syrienne; la campagne lancée cette semaine par le spa montréalais Bota Bota a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. L’annonceur et l’agence ont réagi afin de rectifier le tir.

Cette campagne, signée par l’agence Rinaldi, invite les consommateurs à «sauver des vies» en procurant aux gens de leur entourage une carte-cadeau du Bota Bota qui contribuerait à les «libérer du stress». Les pièces montrent des clients, bouée à la main, regarder le large – le Bota Bota est situé sur un bateau à quai dans le Vieux-Montréal.

Dès qu'elle a été publiée, quelques internautes ont signalé leur malaise et même leur désapprobation face à cette initiative, surtout dans le contexte politique et social actuel. Certains ont dénoncé «l’analogie douteuse» entre les migrants qui périssent noyés en fuyant leur pays dans des bateaux de fortune. D'autres ont souligné le «mauvais goût» et la «maladresse» de l’annonceur et de l’agence.

«Nous regrettons que l’actualité ait fait en sorte que cette campagne AXÉE sur une imagerie maritime ait été interprétée comme liée à la crise syrienne.» 

Ceux-ci ont vite réagi, précisant dans un commentaire officiel qu’une allusion à la crise syrienne n’avait jamais été ourdie. «Nous regrettons que l’actualité ait fait en sorte que cette campagne axée sur une imagerie maritime, pertinente dans le contexte de Bota Bota, qui se trouve physiquement sur un bateau dans le Vieux-Port de Montréal, ait été interprétée comme liée à la crise syrienne. Bota Bota et son agence sont, au contraire, très sensibles à la question syrienne et désirent établir avec clarté qu’il s’agit d’une association d’idées circonstancielle et malheureuse, et non d’une récupération qui aurait été, nous en convenons, de très mauvais goût.»

Le spa et son agence ajoutent que le vocabulaire maritime a toujours été employé dans les communications de la marque et justifient ainsi l'utilisation de la bouée: «Les clients sont des passagers, les employés sont des matelots, les noms des forfaits évoquent des bateaux célèbres (Marie-Céleste ou Calypso). C'est dans ce contexte que le lien avec la bouée de sauvetage a été fait. Néanmoins, l’agence tient à s’excuser d’avoir involontairement offensé les personnes ayant partagé cette perception qui ne reflète aucunement ses valeurs ni celles de son client.»

Cette offensive devrait se poursuivre dans ses nombreuses déclinaisons jusqu’à la fête des Mères, en affichage, sur le web et à la télévision.

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