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Sébastien Fauré: «Les entrepreneurs sont une ressource naturelle à protéger»

Sébastien Fauré, chef de la direction de Bleublancrouge et cofondateur de L’Institut Idée, et Jean-Sébastien Monty, président des agences Bleublancrouge et U92, s’unissent pour créer le Groupe Police, une organisation consacrée aux entrepreneurs de l’industrie des communications-marketing.

SÉBASTIEN FAURÉ

À sa création, le Groupe Police est formé de Bleublancrouge, U92 et L’Institut Idée, et rassemble 11 associés. Cette organisation parapluie, à l’instar du serment policier, souhaite «servir et protéger» les entrepreneurs d’ici. Interrogé sur l’utilité de «protéger» l’industrie, Sébastien Fauré insiste sur l’importance de freiner l’exode de nos talents locaux. «Plusieurs de nos fleurons ont été vendus. La conséquence est beaucoup plus grave qu’elle n’en a l’air aujourd’hui: le profit s’en va ailleurs, mais les prises de décision aussi. Nous croyons que les entrepreneurs sont une ressource naturelle à protéger et à servir. Et la meilleure façon de le faire est de leur offrir une solution sur mesure pour eux.»

«plusieurs de nos fleurons ont été vendus. La conséquence est beaucoup plus grave qu’elle n’en a l’air aujourd’hui.»

Concrètement, le Groupe Police veut aider les entrepreneurs, en démarrage, en croissance ou en mode de transition, à s'organiser et à maximiser leur potentiel, notamment par le mentorat ou le soutien administratif. «Plusieurs de ces entrepreneurs sont bourrés de talent, mais gérer la business, courir après les factures, structurer leur comptabilité ne constitue pas toujours la meilleure utilisation de leur talent ou de leur temps, souligne Jean-Sébastien Monty. En les aidant à ce chapitre, cela leur donnera par exemple plus de temps pour s’investir dans leurs projets, auprès de leurs clients, etc.»

JEAN-SÉBASTIEN MONTY

Miser sur l’esprit d’équipe
L’équipe du Groupe Police a aussi comme objectif de faciliter l’accès à un réseau professionnel actif, par les fondateurs et de leurs ressources, mais aussi entre ces entreprises, qui peuvent faire bénéficier leurs contacts d’affaires à l’ensemble du Groupe.

Cette initiative a pour logique un esprit de rassemblement plutôt que d’agglomération. «L’idée n’est pas d’ajouter des boîtes ou des nouveaux services à l’intérieur de ce groupe et des marques existantes qui le forment, ajoute Sébastien Fauré. C'est d’offrir à des pure players, indépendants dans leur attitude, leur intention et leur territoire, un soutien qui leur permet de travailler en équipe.»

«nous essayons d’aider les entrepreneurs à aller plus haut, plus loin et plus vite, ce qui nous procure du même coup une industrie plus riche.»

Point de bascule
Aux yeux de Sébastien Fauré et Jean-Sébastien Monty, si les entrepreneurs vendent leur business, c’est qu’ils atteignent un point de bascule en cours de carrière, un plafond qui, faute de ressources, les empêche de poursuivre leur croissance. «Les achats récents ont été effectués par une génération de propriétaires qui, plutôt que de transférer leur entreprise, la vendent. C’est grave, parce qu’en la vendant, l'on empêche des entrepreneurs de conserver des centres décisionnels au Québec, estime Sébastien Fauré. Ce qu’on constate, c’est que les entrepreneurs veulent demeurer seuls, car ils préfèrent rester maîtres chez eux pendant leurs meilleures années. Ce faisant, ils atteignent un plateau, celui de leur capacité à amener une boîte aussi haut qu’ils peuvent le faire en une génération. Or, c’est dommage, puisque c’est souvent à la seconde ou à la troisième génération que ces entreprises prennent une envergure nationale ou internationale. Donc, nous essayons d’aider les entrepreneurs à aller plus haut, plus loin et plus vite, ce qui nous procure du même coup une industrie plus riche.»

«Les grands holdings étrangers empêchent généralement la conquête hors Québec.»

Sébastien Fauré admet qu’il est rare de voir une société d’ici, menée par une seule personne, percer à l’international, d’où l’intérêt de fonder un Groupe pour décupler les capacités de croissance des uns et des autres. «Par ailleurs, n’oublions pas que ces grands holdings étrangers empêchent généralement la conquête hors Québec. Ceux-ci ne font qu’acheter la capacité d’une entreprise sur un territoire régional pour compléter leur propre offre nationale, et s’attendent à une performance régionale. Ils ont rarement l’intention de voir cette équipe dépasser ce territoire.»

«Nous protégerons les entreprises de nos partenaires, mais nous servirons aussi leurs ambitions les plus grandes. Nous avons inventé le modèle de mentorat dont nous avons toujours rêvé», conclut Jean-Sébastien Monty.

Le Groupe Police discute déjà avec deux organisations dont il n’est pas encore en mesure de dévoiler l’identité. 

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