La référence des professionnels
des communications et du design

Pub: légère croissance, mais recul des budgets au profit de l’Ontario

Depuis 2008, les budgets d’investissements publicitaires au Québec ont augmenté de 2,5% par année, mais le déplacement de campagnes du Québec vers le reste du Canada aurait fait subir une perte annuelle estimée à neuf millions$ aux agences d'ici. C'est un des chiffres révélés par une récente enquête de l'A2C.

L’Association des agences de communication créative (A2C), en collaboration avec l’Association québécoise des producteurs de films publicitaires (AQPFP), a dévoilé les résultats d’une étude économique sur l’état de l’industrie de la communication-marketing au Québec lors d’une conférence présentée à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«le Québec vit, comme partout, une période de grande transformation notamment liée à la montée du numérique.»
-alain tadros

Réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton, l'enquête démontre que l’industrie, qui génère des retombées économiques de 783 millions$ en matière de PIB et permet de créer plus de 10 000 emplois, contribue à la prospérité économique du Québec tout en étant en pleine transformation face à la montée du numérique. La dernière étude comparable avait été dévoilée en 2007.

Parmi les grands constats de cette étude, ses auteurs soulignent l’augmentation des investissements en publicité (médias et hors médias) des annonceurs au Canada et dans le monde, la baisse des budgets de production de publicité électronique au Québec et le déclin relatif de la part des revenus des agences du Québec comparativement à ceux des agences du reste du Canada, pour la plupart concentrées dans la région de Toronto.

Les auteurs soulignent également qu’au chapitre des sièges sociaux, la tendance est à la centralisation des décisions d’investissement en publicité des annonceurs au sein des sièges sociaux, de plus en plus localisés hors du Québec. 

Une industrie riche pour le Québec
L’étude révèle par ailleurs que les trois quarts des revenus bruts des agences proviennent d'annonceurs québécois et que l’industrie contribue ainsi au succès des entreprises d’ici. Le salaire moyen en agence s’élève à 72 319$, et 57,2% des emplois sont occupés par des femmes. 

«la télévision demeure un secteur vital pour nous, car nous continuons de produire quatre fois plus d’annonces télévisuelles que numériques au Québec.»
-André Gariépy

Les maisons de production, elles, représentent un chiffre d’affaires de 62,5 millions$ et 5,3 millions$ en masse salariale.

De plus, l’industrie de la communication-marketing contribue à la culture en versant annuellement en moyenne 50 millions$, soit 33 millions$ aux artistes et 17 millions$ au secteur de la production (réalisateurs, techniciens de l’image et du son, etc.). 

Une industrie en mutation
«L’étude démontre que notre industrie représente un secteur-clé pour le Québec afin de mettre en valeur et faire prospérer notre talent créatif, déclare Alain Tadros, président du conseil de l’A2C et président de Publicis Montréal. Cependant, le Québec vit, comme partout dans le monde, une période de grande transformation notamment liée à la montée du numérique.» En plus des défis liés à la transformation de l'industrie, l’étude révèle un recul des budgets publicitaires au Québec au profit de l’Ontario. En 2014, une perte annuelle a été estimée à neuf millions$ en revenus bruts parmi les agences répondantes, soit une perte de 3,9% au profit de Toronto. «La perte de marché, jumelée à la diminution des budgets et au décloisonnement en production, s’est traduite par une diminution de la production de 10,8% par année depuis 2012 au sein des maisons de production au Québec, souligne André Gariépy, président du conseil de l’AQPFP et de la maison de production Les Enfants. Cela dit, la télévision demeure un secteur vital et dynamique pour nous, car nous continuons de produire quatre fois plus d’annonces télévisuelles que numériques au Québec.»

«Bien que notre industrie soit dynamique, la perte de 30% des sièges sociaux à Montréal depuis 1999 au profit du reste du pays est particulièrement inquiétante, car cette situation pourrait représenter un frein important au développement de tout l’écosystème de la communication- marketing», souligne Dominique Villeneuve, directrice générale de l’A2C.

Les faits saillants:
- Salaire moyen d'une personne travaillant dans l'industrie des communications et du marketing: 72 319$
- 76% des revenus bruts des agences proviennent de clients-annonceurs québécois
- Le déplacement de campagnes du Québec vers le reste du Canada a engendré des pertes de revenus bruts équivalentes à environ 3,9% du total de ces revenus en 2014
- Trois quarts des plus grands réseaux d'agences au monde sont présents au Québec
- Le chiffre d'affaires total des maisons de production du Québec est de 62,5 millions$ 
- Avec plus de 3500 artistes embauchés en 2013-2014, l'industrie constitue la deuxième source de revenus pour eux



Le rapport complet de l'étude est disponible sur le site de l'A2C

comments powered by Disqus