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Commerce électronique au Québec: les entreprises doivent accélérer le processus et percer à l’étranger

La plus récente étude Le commerce en ligne au Québec: passer du retard à la croissance, réalisée par l’Institut du Québec et le Cefrio, indique que les entreprises québécoises tardent à se lancer dans le commerce électronique. Et celles qui le font sont encore trop peu nombreuses pour servir les marchés étrangers. 

Dévoilée lors du eCommerce Québec, événement organisé par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), l'enquête indique que les Québécois achètent en ligne en grande majorité sur des sites internet situés hors du Québec. Les parts de marché du commerce en ligne ici sont minimales (26%). Plus criant encore, seulement 14,5% des détaillants transigent en ligne au Québec. Partant de ce constat, les auteurs de l'étude ont avancé que si les détaillants québécois étaient plus agiles dans le commerce électronique et qu’ils réussissaient à intégrer le marché américain, leurs ventes seraient augmentées de deux milliards$, ce qui permettrait la création de 8000 emplois, dont la majorité dans le commerce de détail.

«Le nombre d’emplois lié au commerce de détail et l’impact sur l’économie du Québec doivent constituer un signal pour les détaillants québécois, affirme Raymond Bachand, président de l’Institut du Québec. Ils doivent devenir plus dynamiques dans le commerce en ligne afin de récupérer leurs parts de marché ici et d'augmenter de façon considérable leurs exportations.»

Les résultats tirés des questions posées à 1200 entreprises sur leurs pratiques en commerce électronique démontrent l’énorme potentiel de croissance du commerce en ligne au Québec comme à l’extérieur. «Le taux de croissance du commerce en ligne au pays, estimé à plus de 10% par année dans les prochaines années, représente une excellente occasion pour les détaillants du Québec, juge Jacques Nantel, professeur titulaire au Département de marketing de HEC Montréal et coauteur de l’étude. Ils doivent la saisir. Un détaillant ne doit pas commettre l’erreur de se contenter du Québec comme marché.»

À savoir ce qui incite les consommateurs québécois à acheter chez des commerçants en ligne hors Québec, Léopold Turgeon président et directeur général du CQCD, estime qu’ils ne retrouvent pas suffisamment les produits désirés auprès des détaillants locaux. «Il y a tout simplement trop de marchands absents en ligne, et cette situation doit vite changer.»

«À la lumière des résultats, il est clair que des efforts de sensibilisation devront être déployés pour convaincre les entreprises québécoises, actuelles ou en devenir, d’adopter le commerce électronique», dit pour sa part Claire Bourget, directrice principale de la recherche et marketing du Cefrio. Le rapport du Cefrio formule à cet effet quelques recommandations à l’intention des acteurs du milieu:
- encourager le démarrage de nouvelles entreprises par la mise en place de programmes d’aide «innovants» destinés au commerce électronique;
- mettre en place des programmes d’accompagnement des entreprises;
- évaluer l’adéquation de l’offre actuelle de formation de la main-d’œuvre;
- s’assurer que les associations ou organismes participant à la promotion du commerce électronique travaillent en complémentarité.

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