La référence des professionnels
des communications et du design

Programmatique: le marché canadien toujours en retard

Le Canada tire de l'arrière par rapport aux marchés anglais et américains, même si les investissements dans le segment mobile continuent de monter en flèche. Quelques explications de Benoit Skinazi, vice-président, ventes, de District M.

benoit skinazi

Selon le premier rapport prévisionnel concernant les investissements publicitaires numériques programmatiques au pays d'eMarketer, publié mardi, ces investissements atteindront 881,8 millions$ en 2015, en hausse de 62,4% depuis l'an dernier. Ce chiffre représente 48% des investissements numériques. En fait, les achats programmatiques devraient, d’ici 2016, correspondre au mode d’achat de 58% des investissements publicitaires numériques au Canada.

«c’est désormais un réflexe acquis de décliner les campagnes à la fois SUR APPAREIL mobile et ORDINATEUR.»

Selon une analyse par part de marché, le Canada serait ainsi plus ou moins 12 mois derrière, toute proportion gardée, l'Angleterre et les États-Unis. 

Quels facteurs causent une telle différence? Selon Benoit Skinazi, «l’écart s’explique largement par les entreprises fournissant l’inventaire et les technologies. En comparant les différents marchés, il faut considérer que les États-Unis sont des précurseurs. De grandes entreprises américaines ont lancé la vague de la programmatique (Google, par exemple). Facteur aidant, les Américains sont très prompts à l’adoption de nouvelles technologies. Et à ce titre, l’Angleterre est à l’Europe ce que les États-Unis sont à l’Amérique. Ensuite, ce qui a permis l’émergence de la publicité programmatique, c’est l’obtention de data par la création d'outils appelés DMP. Et ce marché de collecte est également en grande partie venu d’entreprises américaines comme Adobe. Le Canada a emboîté le pas, ou plutôt les entreprises ont mis à la disposition des annonceurs canadiens les segments d’auditoire nécessaires, mais le retard s'était déjà établi.»

«L’écart s’explique largement par les entreprises fournissant l’inventaire et les technologies.» 

D'autre part, les investissements publicitaires mobiles devraient augmenter de 104,4% en 2015, un chiffre impressionnant, mais moins que la hausse de 484% observée en 2014. La montée du domaine mobile en programmatique fait aussi reculer la part d’achats pour ordinateurs traditionnels. En 2015, les achats programmatiques pour ordinateurs de table et portables compteront pour 57,2% des investissements programmatiques, alors qu’ils étaient de 65,9% en 2014. Selon ces prévisions, ce chiffre devrait atteindre 32,1% d’ici 2017. Selon Paul Briggs, analyste d'eMarketer, l'investissement programmatique pour les ordinateurs continuera de jouer un rôle important dans les campagnes de marketing. «Une approche multiplateforme plus symbiotique voit le jour au pays, dit-il. Le mobile permettra d’engager le consommateur, alors que l’ordinateur pourra convertir cet engagement en achat.»

La tendance est aussi observée par Benoit Skinazi: «Les annonceurs incluent presque tous une portion mobile en même temps que les formats traditionnels, c’est désormais un réflexe acquis de décliner les campagnes à la fois sur appareil mobile et sur ordinateur.»

comments powered by Disqus