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Jean-François Bouchard: «Notre présence dans les nouveaux marchés est nécessaire»

Deux ans après l’ouverture des bureaux new-yorkais de Sid Lee, l’agence a récemment ouvert une septième succursale à Los Angeles. Retour sur la culture Sid Lee avec le cofondateur et chef de la direction l’entreprise, fondée en 1993.

jean-françois bouchard

cofondateur et chef de la direction de sid lee

Votre nouveau bureau sur la côte Ouest américaine compte désormais parmi vos antennes à l’étranger – outre Montréal, Toronto et Calgary, Sid Lee a pignon sur rue à Amsterdam, Paris et New York. Qu’est-ce qui vous a motivés à étendre vos activités à Los Angeles?

Nous travaillons déjà avec des annonceurs là-bas, que ce soit Facebook, Intel et Microsoft. Il était logique de nous rapprocher d’eux pour mieux les servir. Depuis plusieurs mois, nous collaborons aussi avec Movember afin de redéfinir leur stratégie à long terme. Ils sont très progressistes sur le plan du marketing, et particulièrement forts dans les réseaux sociaux, l'un de nos chevaux de bataille aux États-Unis. Comme nous sommes une des agences de Facebook, on peut dire que nous occupons une place enviable quant à ses pratiques, qui d’ailleurs occupent plus que la moitié de notre équipe là-bas.

De plus, l'on trouve à Los Angeles beaucoup de talents – pour une agence comme la nôtre qui s’intéresse particulièrement au contenu de marque, il était logique d’y avoir pignon sur rue.

Est-il encore possible de faire de la bonne création à partir de Montréal et du Québec?

On peut faire beaucoup de Montréal, mais notre présence dans de nouveaux marchés est nécessaire pour être pris au sérieux là-bas.

Oui, bien sûr, et il y a d’excellents talents ici. Mais notre expérience à l’international nous a démontré que pour réussir, deux éléments sont nécessaires: même si nous pouvons aujourd’hui travailler virtuellement avec nos collaborateurs, le contact humain et une certaine proximité avec nos clients sont essentiels. On peut faire beaucoup de Montréal, mais notre présence dans ces nouveaux marchés est nécessaire pour être pris au sérieux là-bas.

Ensuite, nous avons parfois besoin de talents avec une saveur particulière, et si celui-ci se trouve sur la côte Ouest et que personne n’y travaille, nous avons un problème de connexion avec le marché. Notre approche est donc plutôt de mélanger des gens du marché qui nous intéresse avec des gens du Québec. D’ailleurs, nos bureaux à l’étranger créent aussi du travail pour l’équipe montréalaise, qui fournit des ressources et soutient ces bureaux.

Nous sommes obsédés par la mixité des disciplines, des cultures, des équipes.

Cette mixité fait partie de votre ADN... C’est donc la clé pour rayonner à l’étranger?

Nous avons toujours mis l’accent sur la qualité du produit.

Plusieurs facteurs font que nous avons réussi à percer à l’étranger. D’abord, nous avons toujours mis énormément l’accent sur la qualité du produit: chaque geste créatif que nous posons, au Québec comme ailleurs, doit être de classe mondiale. C’est le point de départ. Nous sommes passés d’une boîte fondamentalement numérique à une agence extrêmement multidisciplinaire.

Aujourd’hui, les annonceurs nous engagent parce que nous avons un positionnement international précis: nous aidons les marques à transformer l’expérience client, dans tous les points de contact, de manière holistique.

À titre d'exemple, notre bureau de Paris a connu une grande année - il est difficile pour des groupes canadiens de s'illustrer à l'étranger et de démontrer leur singularité sans procéder à des acquisitions.

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