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Les grandes tendances 2015 en médias au Canada

Le Fonds des médias du Canada dévoile son rapport sur les tendances 2015: six grands axes ont été déterminés, témoignant d'une industrie en pleine mutation. 

1) TOUJOURS CONNECTÉ: Moins de points d’accès pour plus d’utilisateurs submergés.

Si le contenu est assez important ou populaire, il se rendra à l'utilisateur.

Chaque jour, de plus en plus de gens accèdent à du nouveau contenu en ligne. D’un autre côté, les technologies, services et contenus médias augmentent beaucoup plus vite que la consommation. Craignant d’être submergés, les utilisateurs limitent dorénavant leurs points d’accès. Leur message pourrait se résumer ainsi: «Je ne veux pas partir de façon aléatoire à la recherche de contenu. Si le contenu est assez important ou populaire, il se rendra à moi.» Les moteurs de recherche ne sont peut-être pas encore chose du passé, mais les réseaux sociaux sont en train de s’y substituer.

2) CONVERGENCE DES ÉCRANS: La fusion de la consommation de contenu à la télé et en ligne continue.

Le marché américain a atteint un important point de bascule l’été dernier: les abonnés à internet sont maintenant plus nombreux que ceux à la télévision par câble. Des données de 2013 du CRTC suggèrent que le Canada pourrait se trouver dans la même situation assez vite. En fait, on dépense déjà plus au pays en publicité numérique qu’en publicité télé.

3) TRANSMÉDIA: Visionnement de jeux en ligne et sports électroniques.

Au  Canada, les jeux vidéo ont représenté une industrie de 2,3 milliards$ en 2013 (par rapport à une industrie de la musique estimée à 292 millions$), tandis que la production cinématographique et télévisuelle a engrangé des revenus de cinq milliards$.

Si l’industrie du jeu transforme le divertissement depuis plusieurs années, la popularité accrue du visionnement de jeux en ligne (regarder d’autres gens jouer en ligne) et l’émergence corollaire des sports électroniques (tournois et matchs en ligne) pourraient accélérer la croissance de ce secteur. Surtout, le phénomène pourrait concurrencer sérieusement la télé pour ce qui est du temps consacré au visionnement de contenu.

4) LA FORCE DU NOMBRE: Au-delà du contenu généré par l’utilisateur – une nouvelle génération de créateurs.

Les auditoires s’approprient les productions de télévision, de cinéma et de jeux vidéo, puis y contribuent.

Le «maker movement» définit comment des auditoires s’approprient les productions de télévision, de cinéma et de jeux vidéo, puis y contribuent à l’aide des outils médiatiques et des médias sociaux. Ces créateurs «nouveau genre» atteignent des millions de personnes. Ils sont autodistribués et font leur propre promotion. Ce sont des producteurs de contenus créés sur le web dont la personnalité numérique a une caractéristique commune frappante: ils sont des autodidactes. Tout en se forgeant un nom – par la comédie, la musique ou le format désormais classique du «vlogue» (blogue vidéo) –, ils ont réécrit les règles du vedettariat. Les joueurs traditionnels portent une grande attention à ces «mini media hubs».

5) MONÉTISATION: Moins d’intermédiaires dans la génération de revenus.

Aujourd’hui, il arrive plus souvent que la monétisation s’effectue directement entre le contenu et les utilisateurs. On compte moins d’intermédiaires, la friction est réduite et les résultats ne se font pas attendre. L’augmentation de la consommation de contenu audiovisuel en ligne, ainsi que les offres de plus en plus alléchantes des fournisseurs de services de TPC, commencent à faire mal à plusieurs diffuseurs: les services de diffusion en continu sans lien avec les réseaux de câblodistribution connaissent une popularité croissante.

Autre aspect, les sites de financement participatif qui permettent aussi aux fans de verser des «dons» directement aux créateurs de projets.

6) DAVID CONTRE GOLIATH: L’appétit pour un pouvoir média mondial.

Partenariats, fusions et acquisitions: voilà ce qui caractérise la croissance mondiale de l’industrie audiovisuelle. Les plus grandes sociétés technologiques pourraient dépenser jusqu’à 600 milliards$ cette année pour acquérir des entreprises en démarrage. Cependant, les possibilités d’acquisitions locales s’épuisent, et les prochains mois pourraient être annonciateurs de nouvelles stratégies, comme des collaborations entre joueurs nationaux ou des partenariats «vieux monde-nouveau monde» avec des sociétés web. Par exemple, Rogers a récemment annoncé une entente de 100 millions$ avec Vice Media pour la construction d’un studio à Toronto. 

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