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Coupe Rogers: un public prisé des annonceurs

Le tournoi de tennis bat son plein à Montréal et à Toronto; coup d’œil sur un événement qui attire de plus en plus de commanditaires.

Le public de la Coupe Rogers est fortuné et scolarisé: âge moyen de 41 ans, diplômé universitaire, revenu annuel moyen du ménage: 125 000$, selon les données fournies sur le site de l’événement. Notons aussi qu’il y a parité hommes/femmes parmi les spectateurs.

jay hébert

cofondateur d'elevent

Si les données démographiques sont sans doute influencées par la clientèle d'affaires qui fréquente le tournoi pour réseauter, il reste un public intéressant pour une marque cherchant à s’associer à un événement d’importance. «Il s’agit d’une clientèle plus aisée et sophistiquée que la moyenne, et c’est une l’occasion pour une marque de faire valoir son prestige et de mettre de l’avant la qualité de son produit», remarque Jay Hébert, cofondateur d'Elevent.

Ensemble, les épreuves de Montréal et de Toronto permettent de joindre plus de six millions de téléspectateurs canadiens – en plus des 150 millions à l’échelle mondiale – chaque été, sans compter les milliers de visiteurs sur place. Cette année, l'on compte parmi les partenaires de l’événement Rolex, Emirates et le Casino de Montréal.

Rogers a d’ailleurs fait de cet événement sa commandite phare, choisissant d’exploiter au maximum les possibilités lors du tournoi. «Rogers adopte une stratégie intéressante: ces dernières années, l’entreprise a épuré son portfolio de partenariats dans le marché montréalais pour n’en garder que quelques-uns comme celui-ci, très bien exploité. Ils mettent beaucoup de ressources à profit de leur activation. Pensons notamment au site web TennisRogersMtl, mis sur pied pour le tournoi. Cet agrégateur d’information est particulièrement intéressant: on y trouve notamment du contenu provenant de leurs publications, qui contribue à l’expérience en ligne. Cela leur rapporte dans le marché montréalais, c’est certain, où l’entreprise occupe une place enviable.»

Rogers a également mis sur pied plusieurs activations sur le site, qui vont de la manucure aux couleurs de la Coupe, en partenariat avec Essie, à un concours de combinaison secrète, où les spectateurs reçoivent par texto un code permettant aux gagnants d’ouvrir un coffre-fort contenant des prix Samsung. Bien sûr, Eugénie Bouchard demeure la tête d’affiche de cette édition du tournoi, et Rogers a mis sur pied une station interactive où les visiteurs peuvent simuler une autophoto avec la joueuse.

Autre partenaire d’importance: la Banque Nationale, qui présente la Coupe Rogers depuis 10 ans à Montréal et quatre à Toronto. La participation de l’institution financière dépasse toutefois sa seule exploitation de commandite sur le site de la Coupe: elle est engagée auprès de plusieurs tournois au Québec, s’associant au sport lui-même plutôt qu’à un seul événement: «La Banque Nationale n’est pas le commanditaire le plus actif parmi les institutions financières, si on la compare, par exemple, à Desjardins omniprésente dans le marché. Mais, comme Rogers, elle a choisi de porter son attention sur certaines propriétés phares», souligne Jay Hébert.

Parmi les autres marques associées à la Coupe, mentionnons Uniprix, qui offre à son stand des soins pour les mains, ou encore Mazda, qui a signé en juin une entente de trois ans avec Tennis Canada et dont les voitures serviront notamment à conduire les joueurs et les invités de marque pendant le tournoi.

L’effet Génie

eugénie bouchard

La popularité d’Eugénie Bouchard incite-t-elle les marques à s’associer à l’événement? Jay Hébert croit que l’effet, à court terme, sera palpable du côté des ventes au guichet plus que de celui des commanditaires.

D’ailleurs, du côté de Tennis Canada, l'on s’attend à battre le record de 2006 pour l’édition féminine du tournoi, année où les billets avaient trouvé 174 706 preneurs. «L'effet Eugénie Bouchard et la vague de succès des joueurs canadiens ne sont évidemment pas étrangers à tout ça», remarque Louis-Philippe-Dorais, directeur, communications et marketing, de Tennis Canada.   

Bien sûr, une augmentation des ventes au guichet peut contribuer au prestige de l’événement et inciter, à moyen ou long terme, des commanditaires à s’y associer. Mais selon Jay Hébert, c’est surtout pour le rayonnement du sport et pour la joueuse elle-même que ses récents exploits seront profitables. «Eugénie Bouchard est sur une belle lancée; sa personnalité et son charme contribuent à son succès. Reste à voir si elle pourra maintenir le momentum – c’est un risque pour ses commanditaires actuels, comme Coca-Cola, avec qui la joueuse vient de s’associer. À mon avis, ce qui compte à partir de maintenant, c’est qu’elle soit bien entourée et que les gens autour d’elles demeurent conscients qu’elle a une image de marque. Elle doit avoir une vision et être gérée, comme toute bonne marque, en fonction de cette vision. Cela lui permettra de sélectionner les bons partenaires et de donner la meilleure forme à ces associations.» 

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