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Seulement 4% des ventes au pays se produisent en ligne

En 2014, les Canadiens seront 17,4% plus nombreux à acheter en ligne; pourtant, peu d'entreprises du commerce de détail d'ici prennent le virage du commerce électronique.

Malgré ce faible taux du commerce en ligne, les possibilités semblent bien présentes. «Outre l'augmentation de la consommation d'achat en ligne, on remarque une hausse du volume de recherche pour les termes Black Friday, Cyber Monday et Boxing Day», a affirmé Nectarios Ekonomakis, directeur de comptes de Google, en conférence à eCOMMTL. Ces faits démontrent l'intérêt de la population pour le commerce électronique lors de ces événements de consommation populaires. 

Quels sont donc les facteurs freinant l'essor du commerce électronique au Québec? Les frais d'envoi et d'importation élevés, de même que les délais de livraison lents découragent les consommateurs. «L'immédiateté est devenue la nouvelle norme pour eux», dit Nectarios Ekonomakis.

Nectarios Ekonomakis

directeur de comptes de Google

Comparativement au Royaume-Uni, qui demeure largement le chef de file en matière de commerce électronique (23% du total des ventes au détail projetées pour 2016), les sociétés canadiennes sont à la traîne, car de nombreux investissements technologiques sont nécessaires pour qu'elles tirent leur épingle du jeu.

Ce retard entraîne de véritables fuites de capitaux dirigées vers les États-Unis. «Le géant Amazon, qui a lancé 14 nouvelles catégories de produits en novembre dernier, accapare 40% des ventes totales en ligne au pays et a réussi à dominer le marché canadien. De plus, en instaurant d'abord Amazon Prime dans les agglomérations urbaines clés, l'entreprise a voulu régler problèmes de livraison des Canadiens. Une livraison rapide et à faible coût entraîne la satisfaction du consommateur.»

D'après les données du groupe de réflexion L2, 68% des Canadiens ont rapporté avoir acheté des produits d'une entreprise étrangère dans la dernière année. Ces statistiques démontrent l'urgence pour celles d'ici de se lancer en ligne surtout à l'ère où la mobilité est devenue incontournable. «Environ 50% des Québécois utilisent leur téléphone en magasinant dans les commerces physiques, et ce chiffre augmentera d'année en année.» L'emploi de l'appareil mobile a un impact significatif sur les ventes en magasin, et les commerces pourraient en profiter avec des stratégies omnicanales, comme les produits disponibles dirigés vers un localisateur de magasin. 

De plus, 25% des commerces de détail n'ont pas de site optimisé pour le mobile; ce taux grimpe à 80% pour la tablette, alors qu'un Canadien sur trois en possède une. Un site adapté pour les appareils mobiles rapporte des ventes supplémentaires, comme ce fut le cas de Walmart, qui a vu son taux de conversion monter de 20%.

Selon Nectarios Ekonomakis, l'enjeu réside dans la collecte de données du consommateur de son expérience de magasinage sur mobile et sur ordinateur afin de le comprendre et ainsi pouvoir adopter une stratégie. D'ici 2020, 130 milliards$ seront générés par le commerce électronique.

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