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Mélanie Dunn: «Il faut être fier de ce qui se passe»

Après la cession de parts à BlueFocus, un groupe chinois, Mélanie Dunn, présidente de Cossette et présidente du conseil de Vision7 International au Québec, parle changements, croissance et culture d’entreprise. 

Vous venez d'annoncer un changement qui se prépare depuis un certain temps. Pourquoi BlueFocus était pour vous le meilleur acquéreur?

Nous avons donc eu le temps de bien préparer les choses et d’avoir un plan stratégique pour cette transaction. 

C’est quelque chose qui se prépare depuis longtemps. L'actif vendu était détenu par Mill Road Capital, qui avait prévu rester avec nous pendant cinq ans. Donc, on savait que cette année, ils procéderaient à une vente. Nous avons donc eu le temps de bien préparer les choses et d’adopter un plan stratégique pour cette transaction. Cela fait donc quelques mois qu’on rencontre de nombreux acquéreurs.

De tous ceux-là, BlueFocus, en bout de piste, semblait le meilleur partenaire. Notamment parce c’est un groupe qui souhaitait investir dans toutes nos offensives de croissance. Pour Cossette, nous cherchions un groupe qui soutiendrait notre croissance hors du Canada. Nous avons ouvert un bureau à Chicago cet été, et notre expansion, nous la voyons nord-américaine. Au Québec nous sommes dominants, au Canada nous avons une position maintenant consolidée et dominante. Maintenant, nous souhaitons aller vers de nouveaux marchés. C’est également une super occasion pour notre division Citoyen/Citizen, déjà présente à San Francisco et à New York. Son prochain marché est l’Asie. Dans le cadre de ce développement de la marque, BlueFocus va nous offrir un bon soutien.

Dans les deux sens, c’était donc une adéquation: eux, de leur côté, cherchaient une agence plateforme pour servir l’Amérique du Nord, et Cossette, c’est une belle occasion d'y couvrir tous les marchés.

Vous avez mentionné que Cossette demeurera une agence québécoise et que son siège social ne sera pas déménagé, mais doit-on s’attendre à d’autres changements?

À plusieurs égards, BlueFocus nous ressemble: ce sont des entrepreneurs qui ont démarré cette entreprise avec leurs propres fonds, qui ont eu une belle croissance, poussée par l’innovation et des acquisitions.

C’est un facteur extrêmement important pour nous. Parmi les facteurs que nous considérions en choisissant notre partenaire, il y avait la culture d’entreprise. Nous voulions nous assurer d'une belle collaboration et d'une belle adéquation entre nos deux entités. À plusieurs égards, BlueFocus nous ressemble: ce sont des entrepreneurs qui ont démarré cette entreprise avec leurs propres fonds, qui ont eu une belle croissance, poussée par l’innovation et des acquisitions. Leur histoire ressemblait beaucoup à la nôtre, ça a donc aidé!

Ils ont vite compris que notre succès était intimement lié à notre culture, nos dirigeants, notre marque et notre modèle indépendant. Conséquemment, ils ont vite demandé à ce que toutes nos opérations demeurent intactes, que toute l’équipe de gestion s’engage à rester, mais aussi à augmenter sa participation dans l’entreprise, pour favoriser l’entreprenariat, puis aussi à garder en place notre siège social à Québec et tous nos principaux bureaux au Canada.

Ils souhaitent nous aider à ouvrir plusieurs marchés aux États-Unis, Chicago ne serait que le début.

Là où ça changera par contre, c’est qu’ils vont nous donner un second souffle pour investir dans des priorités de croissance qu’on avait établies: ils souhaitent nous aider à ouvrir plusieurs marchés aux États-Unis, Chicago ne serait que le début. Ils ont aussi réalisé des acquisitions ou des prises de partie dans d’autres agences très innovantes dans le monde et souhaitent nous aider en échange de meilleures pratiques [NDLR: quelques acquisitions]. Ils ont accepté toutes nos offensives d’investissement proposées pour nos plateformes numériques canadiennes, afin que nous augmentions notre offre de service de ce côté. Une vague de croissance et de diversification de nos services s’en vient.

Cossette est un des fleurons québécois de la publicité, donc pour certains, l'annonce de cette nouvelle peut créer un sentiment d'insécurité...

il faut être extrêmement fier de ce qui se passe et des alliés trouvés pour y arriver. 

Je le comprends, absolument. D’où l’importance d’expliquer ce qui s’est passé. Oui, ça peut sembler surprenant, presque triste: mais moi, étant partie prenante de tout cela, cette histoire, c’est une entreprise née à Québec, qui a fini par s’implanter dans tous les marchés canadiens, aux États-Unis et qui, maintenant, s’en va à l’international. Je pense donc qu’au contraire, il faut être extrêmement fier de ce qui se passe et des alliés trouvés pour y arriver. 

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