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Le témoignage fracassant de Myriam Bédard

Dans son témoignage devant le comité parlementaire chargé de faire la lumière sur l'affaire des commandites fédérales, l'ex-championne olympique Myriam Bédard a fait hier des révélations étonnantes concernant entre autres Alfonso Gagliano et l'agence Groupaction.

Elle a ainsi affirmé que son ancien patron à Via Rail, Marc LeFrançois, lui avait confié que Groupaction, l'une des agences de publicité mises en cause dans le rapport Fraser, "était impliquée dans le trafic de drogue". Hier soir, Jean Breault, président et chef de la direction de Groupaction, a catégoriquement nié cette affirmation, la qualifiant d'"outrageante".

Durant son témoignage de plus d'une heure et demie, Myriam Bédard a aussi soutenu qu'au printemps 1999, elle avait participé à une rencontre au cours de laquelle l’ancien ministre Alfonso Gagliano avait discuté d’une commandite avec Jean Brault. "Ça s’est fait au Parlement ou à son bureau, parce que je me souviens d’avoir passé la sécurité", a-t-elle dit au comité des comptes publics. "Jean Brault, de Groupaction, et le ministre Gagliano discutaient ensemble du projet. Je me souviens que le ministre a demandé s’il y avait quelque chose (un cachet) pour moi là-dedans. [À ce moment], le gouvernement fédéral cherchait à s’insérer dans les écoles du Québec." Ce matin-là, Myriam Bédard allait "vendre au ministre" un projet de sensibilisation aux agressions dans les écoles: pour le réaliser, Groupaction demandait, selon elle, "4 millions$ pour une production de 500 000$".

Par ailleurs, Myriam Bédard a indiqué que dans la loge de Normand Legault au Grand Prix de Montréal, quelqu'un lui avait dit que le pilote Jacques Villeneuve était payé 12 millions$ US pour porter le mot "Canada" sur sa combinaison, et que l'information était "top secret."

Le nom du ministre Denis Coderre est aussi ressorti du témoignage de Myriam Bédard. Elle a affirmé avoir rencontré en août 2001 Michel Tremblay, de la station de radio CKAC, pour un projet de capsules publicitaires sur les Jeux olympiques de Salt Lake City. "Il m’a demandé d’attendre un peu parce qu’il travaillait à un projet similaire avec Denis Coderre, Travaux Publics et Coffin Communications", a-t-elle dit. Paul Coffin, le président de l'agence impliquée, fait aujourd’hui face à 18 chefs d'accusation de fraudes liées à des commandites.

Myriam Bédard avait été invitée à témoigner devant le comité des comptes publics après avoir affirmé, le mois dernier, avoir constaté des cas des malversations lorsqu'elle travaillait pour Via Rail entre janvier 2001 et janvier 2002. En témoignant devant ce comité parlementaire, elle bénéficie d'une pleine immunité, de sorte que ses propos ne peuvent être utilisés contre elle dans le cadre d'une poursuite judiciaire.

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