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La pub serait en partie responsable de l'obésité

En dévoilant un rapport qui établit un lien direct entre la publicité et l'obésité chez les jeunes Américains, la fondation Kaiser Family a jeté un pavé dans la mare.

Selon le magazine américain Advertising Age, le rapport Kaiser, une compilation de 40 études sur l'influence des médias sur le comportement alimentaire des jeunes, indique que les enfants passent en moyenne cinq heures et demie devant le petit écran chaque jour, ce qui limite d'autant la possibilité de mener des activités physiques. Il signale aussi qu'un enfant voit 40 000 publicités par an rien qu'en regardant la télévision, et que de plus en plus d'entre elles concernent des boissons gazeuses, des friandises et des aliments gras, généralement considérés comme des facteurs d'obésité.

Les conclusions de ce rapport ne sont nullement contredites par nombre de personnes impliquées dans ce phénomène. "Nous travaillons de plus en plus avec les annonceurs pour inciter les enfants à faire attention à leur alimentation", dit au magazine Advertising Age Marva Smalls, vice-présidente exécutive de Nickleodeon, une chaîne pour les jeunes. "L'industrie met les bouchées doubles pour améliorer la qualité des produits alimentaires, ces derniers temps", ajoute Bill MacLeod, un avocat représentant les Grocery Manufacturers of America.

Par conséquent, le rapport Kaiser demande une réduction du nombre des publicités adressées aux enfants et recommande aux parents d'inciter leurs enfants à moins regarder la télévision.

(Pour télécharger le rapport Kaiser, cliquez ici) (PDF, en anglais.)

Par ailleurs, l'American Psychological Association (APA), la plus importante association de psychologues américains, dénonce dans un rapport dévoilé la semaine dernière "les pratiques abusives des professionnels de la publicité à l'encontre des enfants", lesquels "ne sont pas en mesure de faire la différence entre les contenus publicitaires et non publicitaires aussi facilement que les adultes".

L'APA critique le "matraquage publicitaire" mené par l'entremise de la télévision et, de plus en plus, d'Internet. Selon ce rapport, "les annonceurs dépensent aux États-Unis 12 milliards$ US par an pour cibler les enfants", soit un niveau sans précédent.

Aussi, l'APA demande un renforcement des réglementations de la publicité, en particulier pour celle qui vise les moins de 8 ans.

Ces rapports ont été accueillis très sèchement par les publicitaires américains. "Le rapport de l'APA est un ramassis d'idioties", dit à Advertising Age Dick O'Brien, vice-président exécutif de l'American Association of Advertising Agencies. "Il ne tient pas debout", ajoute Dan Jaffe, vice-président exécutif de l'Association of National Advertisers. "Un exemple: ce n'est pas l'enfant qui prend la voiture et décide d'aller se chercher un hamburger ou de faire des courses; ce sont les parents qui décident et qui peuvent dire "non" à leur enfant."

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