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Les commentaires de Jean-Jacques Stréliski: le coq qui pleure

Comment faire pour gagner à Cannes? Pourquoi notre produit créatif n’est-il pas encore à la hauteur? Et quand le sera-t-il? Ces questions, le Québec se les pose depuis de nombreuses années. Je n’ai pas toutes les réponses. Et, sans être d’un optimisme démesuré, j’ai tout de même le sentiment que les résultats ne sont peut-être pas si loin. Les choses se sont nettement améliorées depuis deux ans. Notre pub, qui présente aujourd’hui un visage plus universel que local, pourrait faire des pas de géant dans l’avenir. Et nous sommes sur la bonne voie. Les annonces de Bos pour l’Archevêché de Montréal et pour Urgel Bourgie méritaient, à mon avis, la shortlist et même un Lion. Tel ne fut pas le cas pour des raisons de méconnaissance ou de manque d’explications du juge canadien aux autres jurés. Notre pub a besoin de jeunesse également. De fraîcheur et de rigueur, deux caractéristiques indispensables à la réussite, mais qui servent aussi à cadrer l’indispensable audace créative. Cette démarche, nos copains de Toronto et de Vancouver l’ont entreprise avec bonheur depuis quelques années, et leurs prestations sont aujourd’hui tout à fait remarquables. Palmer Jarvis DDB, Rethink, Bensimon Byrne D’Arcy et Taxi, bien sûr, nous montrent le chemin. Il faut les considérer comme des sources d’inspiration et non comme des visions concurrentes.

Mon conseil: à Cannes, on peut visionner 4500 mauvais films. Souvent on se compare en se disant qu’on est pas si mauvais que ça… Que la pub est médiocre partout, etc. C’est un très mauvais réflexe. Il vaut mieux ne retenir que la shortlist et surtout contempler attentivement ce qui gagne, et là, on comprend tout. C’est alors qu’on tire de Cannes tout l’oxygène nécessaire à une bonne année créative.

La rumeur du jour: “Champagne” de Microsoft X Box et “Odissey” de Levi’s, deux films de l’agence londonienne Bartle Bogle Hegarty en lice pour le Grand Prix.

Mon coup de coeur: les jeunes réalisateurs. Cette année encore, le Young Director Show nous en a mis plein la vue. Et, je retiens une leçon. Le réalisateur est toujours l’esclave du concept. Une mauvaise idée bien réalisée donne un film médiocre. Une bonne idée mal réalisée reste une bonne idée et, évidemment, une bonne idée bien réalisée, c’est un chef-d’oeuvre.

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