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«Il y a eu beaucoup de pièces que nous n'avions pas l'habitude de voir.»

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Le jury de cette année était présidé par le designer Gaston Côté, de Paquebot Design; retour sur les choix de son jury.

Un nouveau système de pointage a été instauré en 2012. En tant que président du jury cette année, qu'en avez-vous pensé?
J'étais de ceux intéressés par ce nouveau système de notation à la base. À titre de membre de la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ), j'avais même eu la chance d'en discuter avec Philippe Lamarre avant son implantation (ndlr: Philippe Lamarre, président de la SDGQ, a participé avec les Éditions Infopresse à l'instauration de ce nouveau procédé). Ainsi, j'avais hâte d'en voir l'application! Je trouve que ce système permet aux membres du jury de se concentrer sur chaque pièce. Ils peuvent ainsi prendre plus le temps pour bien regarder chacune, puis les valoriser. Ça évite aussi les nombreux va-et-vient ainsi que le trop grand nombre de comparaisons des pièces entre elles. D'après les échos que j'ai reçus, plusieurs ont aimé cette nouvelle manière de fonctionner.

Quel était le mot d'ordre pour le jury?
J'ai d'abord dit aux membres de se faire confiance par rapport à leurs compétences. Et j'ai suggéré qu'ils prennent leur temps. Je voulais également qu'ils considèrent l'innovation ainsi que le souci du détail dans chaque pièce. Finalement, je désirais surtout que chacun demeure ouvert, peu importe son champ d'expertise. D'autant plus dans les domaines de compétence avec lesquels ils sont moins habitués.

Qu'avez-vous pensé des soumissions de cette année?
J'ai eu d'agréables surprises. Il y a eu beaucoup de pièces que nous n'avions pas l'habitude de voir. Par exemple, plusieurs livres ont été soumis. Également, l'éventail de projets était très large.

Si vous aviez à caractériser la cuvée de cette année en quelques mots, quels seraient-ils?
La plupart des pièces avaient un souci et un raffinement typographiques. Par exemple, Bell s'est permis de déconstruire son logo et de l'appliquer d'une manière plus typographique. Dans l'ensemble, la cuvée représente bien l'éventail des projets réalisés au Québec cette année, de même que la diversité de notre milieu.

Trouvez-vous qu'il y a eu de l'innovation?
Oui. Plusieurs projets semblent avoir bénéficié d'une importante recherche au préalable. Il y a aussi eu beaucoup d'avancements dans l'application d'image de marque. Les projets étaient davantage réfléchis dans leur ensemble plutôt qu'en éléments simples. Par exemple, les logos n'étaient pas présentés seuls, mais souvent avec une image de marque complète.

Comment avez-vous déterminé les Grands Prix?
Nous en avons ressorti 12. Neuf se sont démarqués unanimement très tôt. Certains par l'application exhaustive d'une image, comme Chartier, Le Quartanier et le Parc olympique. D'autres se sont plutôt démarqués en recherche, comme le livre de Louise Paradis sur le typographique suisse, ainsi que la pièce De toutes petites cartes pour de grands personnages de Paprika, élaborée de façon quasiment maniaque. Faire ressortir ces projets nous a semblé à tous assez évident.

Comment avez-vous choisi le Grand Prix Grafika et le Coup de coeur?
Chartier et Le Quartanier sont arrivés presque à égalité pour l'ensemble des juges. Ça a été une décision difficile. Ils ont tous deux misé sur le design graphique pour se démarquer dans leurs domaines respectifs. L'approche de l'un est très novatrice (l'agencement des saveurs de la table en lien avec le vin, directement sur l'étiquette). L'autre, pour ceux qui connaissent bien l'édition, est très rafraîchissant et audacieux. Nous avons décidé de couronner Chartier du Grand Prix, car son identité casse le moule. Ils ont pris le pari d'un design graphique novateur, qui se distingue. L'approche est différente d'une étiquette standard. C'est plus pragmatique dans la façon d'amener le design à l'avant-plan.

Quel message vouliez-vous véhiculer en remettant les honneurs à ces deux projets?
Pour Chartier, l'on a attribué le Grand Prix à l'emballage au-delà du reste de l'identité visuelle, qui, il faut le dire, constitue un tout assez cohérent (ndlr: l'ensemble du programme d'entreprise a d'ailleurs mérité un Prix). Ce n'est pas un annonceur institutionnel. C'est une jeune organisation qui a mis au premier plan sa stratégie d'identité visuelle, et l'on a voulu récompenser cette audace. Par ce choix, l'on désirait faire prendre conscience aux entreprises, surtout celles qui débutent, de l'importance d'une image de marque solide, avant de se lancer sur le marché, plutôt que de procéder à l'inverse. Bref, que c'est une stratégie à prôner. Concernant le Coup de coeur au Quartanier, on a voulu encourager les jeunes éditeurs à prendre soin de leur image, comme ce fut le cas pour ce projet. Une telle attention prouve que même si tu es un jeune éditeur avec moins de notoriété que les gros joueurs de l'industrie, le design peut procurer un impact aussi fort et même plus fort que les grosses pointures. On a eu envie de souligner l'importance de soigner son image et de donner une valeur ajoutée aux produits de l'édition. D'autant plus avec les débats du moment dans l'industrie du livre (ndlr: notamment sur le prix unique). Ce projet s'est démarqué parce que la collection s'échelonne sur 10 couvertures et qu'il affiche énormément de cohérence. Cela a plu unanimement plu à tous les membres du jury. Tout naturellement, il y a eu un mouvement général vers ce projet au moment de remettre un Coup de coeur.

Jury - concours Grafika 2014 from Infopresse on Vimeo.

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