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Amazon peut-il prédire vos achats?

Jeff Bezos, PDG d'Amazon.

Le géant du commerce en ligne se serait procuré un brevet en vue de confectionner un système de livraison par anticipation; coup d'oeil sur le modèle Amazon avec des experts d'ici. 

Selon un article paru sur le site de la publication Wall Street Journal, la commande des utilisateurs pourrait être acheminée vers ces derniers avant même qu'ils n'aient achevé leur transaction. En effet, sur la base des données recueillies sur ses consommateurs, Amazon serait en mesure de prévoir leurs décisions d'achat et de faire livrer certains articles vers des centres (hubs) ciblés plus près de l'éventuelle demande. 

La réduction du temps d'attente de livraison contribuerait notamment à décourager les consommateurs de se rendre physiquement en magasin pour se procurer la marchandise désirée.

Si ce système paraît surréaliste, tout porte à croire qu'Amazon est bien positionnée pour tenter l'expérience. «Il s'agit d'un précurseur dans l'industrie, rappelle Michaël Benhaïm, directeur de la stratégie de l'agence web Le Site. La grande force d'Amazon, c'est sa logistique très forte, qui lui permet de traiter très rapidement ses commandes, grâce à l'optimisation, voire la robotisation de ses entrepôts (suite à l'achat de la compagnie de robotique Kiva Systems). Un avantage qu'Amazon jumèle parfaitement avec son programme de loyauté Amazon Prime, qui offre à tous ses abonnés de recevoir leurs achats en un jour ouvré pour seulement 3,99$. Un modèle donc diffiile à battre compte tenu du coût inhérent d'un tel service, à la fois pour la compagnie pour qui cela coûte parfois plus cher en frais, et pour le consommateur, qui réfléchit à deux fois avant de passer sa commande en express plutôt que de se déplacer lui-même en magasin.»

Dans le même ordre d'idées, le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, a annoncé à la fin de décembre que son entreprise allait tenter la livraison par drones dans le cadre de son système Prime Air. Sans compter qu'elle s'est également lancée dans la livraison des produits alimentaires frais avec le service AmazonFresh à Seattle, San Francisco et Los Angeles. Une grande variété de denrées non périssables sont déjà vendues sur son site, aux États-Unis comme au Canada (la version canadienne de ce service a été lancée à la fin d'octobre).

«L'avantage d'Amazon, c'est qu'ils peuvent toujours tester, indique Issam Heddad, directeur de la stratégie de TP1. Il s'agit d'un géant qui fonctionne comme une entreprise en démarrage. À titre d'exemple, ils ont testé leur programme d'alimentation en ligne en mode beta. Je vois mal une entreprise dans l'alimentation lancer un projet en mode beta et le faire évoluer presque en temps réel avec des données consommateurs. Ils ont cette flexibilité qu'on gros joueur parvient difficilement à avoir.»

Le modèle spéculatif sur lequel repose l'éventuel système de livraison anticipée est-il réellement envisageable? Sans doute, puisque l'entreprise possède déjà une multitude de données utiles pour faire des prédictions, comme le rappelle Issam Heddad: «Le modèle Amazon est simple: ils sont où le consommateur se trouve. Rappelons qu'il s'agit d'une société possédant beaucoup de données, et tout y est analysé. Ils savent donc, grosso modo, où le consommateur souhaite aller, puis ils le suivent, tout en essayant de bâtir une présence ubiquitaire - c'est ce qui rend leur approche intéressante.»

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