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Télé: six tendances de fond

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Aux yeux du Fonds des médias du Canada (FMC), qui dévoile aujourd'hui le Rapport sur les tendances 2014: vers une accessibilité accrue, nous pourrions nous rappeler de 2013 comme d'une année charnière annonçant une nouvelle ère pour la télévision.  

On regarde encore largement plus la télé en direct qu'en ligne (28,5 heures par semaine contre 3,9 selon les données du CRTC pour 2012), mais il n'y a plus de doute que le numérique s'avère le principal vecteur de transformation quant à la diffusion et la consommation de contenu vidéo. Dans un dossier publié cette fin de semaine, le quotidien La Presse avançait par ailleurs que le phénomène du «débranchement du câble» (ou «cord cutting» en anglais) serait bel et bien arrivé au Québec. Quant à notre connectivité, le Cefrio dévoilait récemment que 52% des adultes au Québec possèdent un téléphone intelligent ou une tablette numérique, un taux en forte croissance par rapport à l'an dernier, alors qu'il ne s'élevait qu'à 36% auparavant. Puis, alors que les Canadiens passent en moyenne 17,5 heures en ligne par semaine (selon les données du CRTC pour 2013), un sur 10 dispose aujourd'hui d'au moins quatre écrans connectés (OTM, 2013).   

Voici donc six tendances qui risquent de façonner l'industrie de la production et de la distribution de contenu au cours des années à venir.

1. Appareils modifiables et optimisables
Alors que les consommateurs sont plus au fait des nouvelles technologies, de nouvelles solutions favorisant une approche plus durable et moins coûteuse font surface. De Google, qui permet désormais de transformer un téléviseur conventionnel en téléviseur intelligent grâce au Chromecast, à Motorola, qui planche sur un téléphone intelligent modulaire, on s'attend à voir émerger de plus en plus d'appareils personnalisables où les mises à niveau par composantes seraient possibles. Sans crier la mort de l'obsolescence programmée, on estime du côté du FMC que ces développements pourraient permettre de passer d'une économie axée sur les appareils à une économie axée davantage sur d'autres dépenses, comme l'achat d'abonnements. 

2. Donner aux consommateurs ce qu'ils veulent: un accès sans restriction au contenu
Même si les internautes recourent à mille et une astuces pour visionner du contenu en ligne gratuitement, baignant parfois dans l'illégalité, l'on constate néanmoins qu'ils seraient de plus en plus enclins à payer. Plus que l'argent, l'important serait davantage l'accès sans restriction au contenu désiré. Même le piratage, qui risque néanmoins de continuer à cannibaliser une partie des téléspectateurs, comporterait certains avantages en permettant d'augmenter la notoriété et la demande envers son offre. Selon plusieurs observateurs, le principal facteur expliquant les cotes d'écoute records enregistrées pour la série Breaking Bad aurait d'ailleurs été la disponibilité des épisodes des saisons antérieures sur Netflix. Autrement dit, en offrant l'opportunité aux téléspectateurs ayant eu vent de la série de satisfaire leur curiosité et de faire du rattrapage, la chaîne AMC a pu gonfler son auditoire à la diffusion des nouveaux épisodes.  

3. Tout le monde fait de la télé
Netflix en a probablement été l'exemple le plus frappant avec des séries telles qu'House of Cards et Orange is the New Black, mais on constate que de plus en plus d'acteurs hors de l'industrie de la télévision s'adonnent à de la production de contenus vidéo qui s'apparentent à ce qu'on trouve à la télé dite traditionnelle. Les créateurs et diffuseurs de télévision, qui possèdent déjà l'expertise en la matière, seraient donc en excellente position pour faire valoir leur savoir-faire. Alors que de nouveaux joueurs comme des marques, journaux, entreprises du jeu et stations de radio semblent de plus en plus enclins à s'aventurer sur ce terrain, l'occasion est belle pour créer de nouveaux partenariats. 

4. L'auditoire a un auditoire 
L'expression «L'auditoire a un auditoire» aborde la nécessité pour les intervenants de l'industrie du contenu de comprendre qu'une partie de l'auditoire agit tel un participant actif. On ne se contente pas de visionner le contenu, mais on se l'approprie. Plus encore, par l'entremise des nombreuses plateformes sociales qui meublent le web, on aide à sa diffusion, à sa visibilité et même à son évolution. Pour le FMC, un des principaux défis de l'industrie sera donc de saisir et d'exploiter la valeur qui réside dans la relation entre l'utilisateur et le contenu. Comment? En facilitant l'accès au contenu, mais également en mettant à la disposition des auditoires des moyens pour non seulement consommer le contenu, mais pour l'éditorialiser, le commenter, le partager ou l'archiver. 

5. Relever le potentiel de la télé sociale
Tel qu'annoncé ci-haut, on constate une relation de plus en plus étroite entre la télévision et les réseaux sociaux. La firme Nielsen a entre autres avancé que le nombre de gazouillis émis sur Twitter influençait les cotes d'écoute de la télé dans 29% des cas. Corollairement, on a noté une évolution marquée de la télé sociale en 2013, notamment en ce qui a trait à la génération de revenus et à l'élaboration de modèles d'affaires viables, particulièrement aux États-Unis. Bien que son taux d'adoption demeure relativement faible au Canada, le FMC voit dans la télévision sociale une occasion d'optimiser les sources de revenu existantes et de tirer profit des nouvelles.

6. Big data, le nouvel avantage concurrentiel
Les nouveaux joueurs de la télé en ligne comme Netflix et Amazon révolutionnent les façons de faire dans l'industrie. Par leur capacité à tirer profit du Big data, autrement dit des données générées par les utilisateurs en ligne, ceux-ci s'en retrouvent ainsi mieux disposés pour identifier les contenus à succès, prendre des décisions créatives (par rapport aux choix des comédiens par exemple), faire la promotion croisée de leurs offres et pour optimiser leurs plateformes et leurs produits. Certes, les coûts inhérents à la mise en place d'infrastructure de collecte et d'analyse de données peuvent être considérables, mais les avantages concurrentiels qui en découlent risquent bien d'en valoir la chandelle. Tel que relevé par le FMC, on parle entre autres d'une meilleure compréhension et connaissance des consommateurs, mais aussi de publicités ultra ciblées permettant de tirer meilleur profit des sources de revenu potentielles.  

Le Rapport sur les tendances 2014: vers une accessibilité accrue est le troisième document du genre à être publié. Il fait suite au Rapport sur les tendances 2013 - Sommes-nous prêts pour la Génération Écran? et au Rapport sur les tendances 2013 - Mise-à-jour de mi-année.

 

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