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Le tabac, plus grand mensonge de l'histoire?

Cristiane Bourbonnais et Catherine Perreault-Lessard.
Jean-Jacques Stréliski et Arnaud Granata.
Cliquez ici pour accéder au site internet de l'émission.

Dès ses débuts, le tabac a fait l'objet d'une mystification de la part de l'industrie du tabac, de la publicité et des gouvernements: on fait le point sur cette cause avec une discussion autour de l'épisode d'hier de 30 secondes pour changer le monde.

Il y a peu de temps encore, la cigarette était acceptable socialement, mais aussi remarquable. Comme le rappelle Jean-Jacques Stréliski, personnalité reconnue du monde des communications, «fumer était vraiment le symbole de l'intellectualisation, de la décontraction et de la sociabilité». Ce dernier parle d'un véritable «crime collectif contre l'humanité» perpétré par les grands noms de l'industrie du tabac essentiellement, qui avaient connaissance (et l'ont encore) de la nature de leurs produits et de leurs répercussions en matière de santé publique.

Ce mensonge structuré et orchestré par l'industrie du tabac a aussi éclaboussé le monde de la publicité qui a également contribué à la médiatisation de l'image positive de la cigarette. Cristiane Bourbonnais, présidente de Cohésion Stratégies, aborde la problématique du tabac de la même façon, considérant qu'«il s'agit certainement de la plus grande manipulation de toute l'histoire commerciale». Elle ajoute que c'est «LA cause, LE sujet qui a fait passer les publicitaires pour des manipulateurs et des menteurs, même s'ils n'ont rien fait d'illégal, comme les annonceurs de tabac, d'ailleurs». Pour cette experte du marketing et des communications, ce sont surtout «les gouvernements qui ont laissé faire, tout en générant (ce qu'ils continuent de faire) des revenus».

De son côté, Catherine Perreault-Lessard, ex-rédactrice en chef d'Urbania et depuis peu rédactrice en chef adjointe de Ricardo, tempère le propos en indiquant que «les fumeurs sont le plus souvent présentés dans les publicités antitabac comme des victimes, comme s'ils n'étaient pas maîtres de leur destinée, alors qu'il y a dans le fait de fumer une volonté individuelle, un choix délibéré qu'on a tendance à oublier, d'autant que la population est de plus en plus informée des méfaits du tabac».

Les trois invités de cette discussion s'accordent tous sur l'idée d'une responsabilité collective en matière de tabac, insistant sur le fait que les marques, les publicitaires, mais aussi les gouvernements, les milieux de la santé et les citoyens devraient s'unir pour que les mensonges cessent, pour que le tabac perde de son image positive et pour mettre en place davantage d'aide auprès des personnes dépendantes au tabac.

Cristiane Bourbonnais propose même que les gouvernements légifèrent afin que l'industrie du tabac, comme l'agroalimentaire, précise sur les emballages de ses produits la liste des ingrédients qu'ils contiennent. Jean-Jacques Stréliski, pour sa part, suggère de continuer de contrer l'image positive associée au tabac, qui reste d'actualité malgré les différentes initiatives antitabac des dernières années (législations, images-chocs placées sur les paquets de tabac, etc.).

Redécouvrez cette discussion, animée par Arnaud Granata, vice-président et directeur des contenus des Éditions Infopresse, sur le site web de l'émission, et participez au débat en utilisant le mot-clic #30secondesTQ.

30 secondes pour changer le monde est une production d'Infopresse Télé pour Télé-Québec, avec la participation financière du Fonds des médias du Canada, ainsi que des crédits d'impôt fédéral et québécois. Le site a été réalisé avec la participation financière du Fonds Bell.

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