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L'éthique n'est pas qu'un code

Mylène Forget, présidente de Massy Forget Langlois relations publiques.
Michel Séguin, titulaire de la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Uqam et associé de Praxie éthique stratégique.

Approche déontologique ou éthique: Mylène Forget, présidente de Massy Forget Langlois relations publiques, et Michel Séguin, titulaire de la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Uqam et associé de Praxie éthique stratégique, se penchent sur la meilleure stratégie à adopter.

Il ne se passe pas un jour sans que l'actualité ne fasse état d'un scandale d'ordre éthique au sein d'une organisation. À ce jour, ce qu'on peut tirer comme enseignement de la commission Charbonneau, c'est que nul n'est épargné. En effet, cette réalité touche autant les entreprises privées que publiques, voire les partis politiques.

À contrecoeur diront certains, ces organisations ont mis l'éthique à leur ordre du jour et elles se sont empressées de communiquer leurs initiatives afin de contrer la montée du cynisme à leur égard. Malgré ces efforts, le cynisme prend de l'ampleur au Québec. En effet, selon une enquête menée en juin dernier par l'Institut de la confiance dans les organisations, 83% des Québécois estiment que le climat de confiance s'est détérioré au Québec.

Approche déontologique vs approche éthique
La cause de cette détérioration de la confiance se trouve en partie dans l'approche adoptée par les organisations fautives en réaction aux scandales et dans sa diffusion dans les médias.

En fait, cette approche est davantage déontologique qu'éthique. La déontologie renvoie à un ensemble de règles qui ne doivent pas être transgressées par les membres d'une profession ou d'une entreprise. En réaction aux écarts de leurs membres, les associations et entreprises ont identifié un ensemble de règles, compilées dans un document: le code de déontologie.

Certaines sont allées plus loin en instaurant une série de contrôles et, en cas de violation des règles, de sanctions. C'est ce qu'on appelle l'approche déontologique. Combien de fois voit-on une organisation, en réaction à un scandale, s'empresser d'annoncer la mise en place d'un code de déontologie?

L'approche éthique, elle, est plus positive. Elle préfère la reconnaissance à la sanction. Avant de mettre en place des règles à ne pas transgresser, pourquoi ne pas commencer par reconnaître les bons comportements? Les études le démontrent: la reconnaissance est plus efficace que la sanction.

Quel est l'avantage d'une approche éthique versus une approche déontologique en communication? L'approche déontologique est négative et présuppose l'existence de personnes mal intentionnées au sein de l'organisation. A contrario, annoncer que l'entreprise a mis en place des initiatives visant à reconnaître les membres qui se comportent éthiquement envoie une autre image.

Pour mettre en place une telle approche, la rigueur s'impose. Cela implique qu'un processus de définition et d'analyse des valeurs organisationnelles ainsi que des pratiques qui s'y rattachent soit mis en place. L'instauration d'une approche éthique en communication nécessite que ces valeurs et pratiques soient cohérentes. Cette cohérence mènera à un véritable changement organisationnel et aura l'impact souhaité sur les communications externes.
 
La gestion de l'éthique en organisation n'est pas qu'une question de code!

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