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Médias québécois: un marché en consolidation

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Le Guide des médias dresse chaque année le bilan de l'industrie; aujourd'hui, focus sur les grands groupes, avec Michèle Savard, vice-présidente, planification stratégique, de Carat et présidente du Conseil des directeurs médias du Québec

Des mouvements importants ont consolidé les offres de plusieurs grands groupes médias. La transaction permettant à Bell Média d'acquérir Astral constitue sans doute le principal fait saillant des 12 derniers mois. Invoquant notamment la «saine concurrence» et le pouvoir commercial «inéquitable» qu'une telle entente aurait conféré à Bell, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) avait d'abord bloqué la transaction de 3,38 milliards$ en octobre 2012, avant de donner son aval en juin. Afin de se plier aux exigences du CRTC, Bell s'engage à vendre 11 chaînes de télé et 10 stations de radio.

Michèle Savard estime qu'un des aspects cruciaux à retenir de cet accord porte sur les investissements québécois: «Les achats et les ventes publicitaires seront désormais regroupés sous la supervision d'une seule personne. Nous devrons donc nous assurer que le Québec garde bien sa place dans cet espace et que les budgets investis au Québec restent ici. Cette responsabilité nous incombe, comme elle incombe aux annonceurs et aux grands groupes médias eux-mêmes, en étant notamment compétitifs dans les prix.»

Dans la foulée de la transaction Bell-Astral, Corus a acheté les chaînes Historia, Séries+, Télétoon et Télétoon Rétro, ce qui marque son retour au Québec, après la vente de ses propriétés radio à Cogeco en 2010. Ce nouveau joueur dans la télévision spécialisée fera-t-il des vagues auprès des grands groupes? Pas selon Michèle Savard, qui explique que sa taille, encore modeste, ne lui permettra pas d'avoir une influence majeure: «Les deux principaux joueurs sont désormais Bell et Québecor. D'ailleurs, cette dernière continue de solidifier son offre multiplateforme sur le marché, avec l'ajout de sa filiale d'affichage.» Québecor a dévoilé en juin 2013 les nouveaux modèles d'abribus numériques qu'elle compte déployer progressivement dans le réseau de la Société de transport de Montréal (STM) d'ici 2023. Son partenariat la lie à la STM pour 20 ans.

Autre fait marquant dans l'industrie des médias: l'apparition de La Presse+ en avril 2013. Version numérique et bonifiée de sa version papier, elle est une application destinée exclusivement aux tablettes. «C'est ce qu'on appelle de l'innovation, développée ici de surcroît, indique Michèle Savard. J'espère que l'industrie continuera de la soutenir au Québec. Seul le temps nous dira si cette application représente vraiment la plateforme de l'avenir, mais pour le moment, les résultats concordent avec les objectifs qu'ils nous ont donnés.»

Le taux de pénétration de la tablette témoigne de la rapidité de croissance et de la multiplication des plateformes; les campagnes multiplateformes intégrées sont donc aujourd'hui à privilégier. «Chaque point de contact, chaque plateforme a un rôle à jouer dans un but très précis. Aussi, il est faux de penser que l'imprimé, la radio et la télé vivent indépendamment les uns des autres aux yeux du consommateur. Chaque plateforme doit bonifier son expérience avec la marque, repousser la communication.»

Quels défis l'industrie des médias devra-t-elle affronter au cours des prochaines années? Michèle Savard pense que si l'on a abondamment parlé de big data, le temps est aussi venu de comprendre ces données. De plus, elle considère que la mobilité est encore loin d'être arrivée à maturité: «Elle reste relativement méconnue aujourd'hui. Sa présence dans le mix médias reste à définir.»

Retrouvez ce texte, ainsi que toutes les données ciblées et tous les répertoires concernant l'industrie des médias dans le Guide des médias, actuellement en kiosque.

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