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«Intelligence et sensibilité» sont les mots d'Annie Lachapelle, présidente du jury

Photo : Guillaume Simoneau

Annie Lachapelle, présidente du jury de cette 16e édition du concours Lux, a souhaité récompenser des images qui procurent une émotion tout en étant pertinentes.

Comment se sont passés les deux jours de délibérations?
Deux belles et longues journées, bien chargées, riches en échanges de points de vue. De belles rencontres aussi. Les membres du jury ont vraiment assumé leurs responsabilités avec sérieux et ont pris le temps de s'arrêter à chaque projet soumis. Ce genre de journée demande énormément d'attention, de réflexion, d'ouverture, c'est un travail exigeant. Déterminer les 100 meilleures images québécoises de l'année constitue un mandat colossal!

Quel était votre mot d'ordre avant les délibérations en tant que présidente du jury?
En résumé: concept + émotion. Je voulais que les membres du jury soient sensibles à l'aspect percutant, à la pertinence, à l'intelligence de l'image. Ils devaient considérer à la fois la clarté du message et son efficacité communicationnelle, et, par conséquent, la poésie et l'émotion induites. De plus, ils devaient s'attarder à l'image pour ses qualités esthétiques, sa lumière, sa composition, son audace. Une bonne image, c'est le regroupement d'une multitude de petits détails qui forment un tout cohérent et sensible.

Les membres du jury provenant de milieux différents, comment cela s'est-il reflété dans les décisions?
Je suis fière et très satisfaite d'eux. Les jurés étaient des professionnels d'horizons variés. Leurs points de vue étaient très diversifiés, chacun ayant un regard différent sur l'image. Les discussions étaient animées, nous avons même eu quelques débats; je crois qu'ensemble, ils ont fait des choix judicieux!

Comment avez-vous identifié les deux Grands Prix?
Nous n'avons pas eu de problème à faire consensus à leur sujet. À la fin des deux journées de délibérations, les pièces gagnantes, l'une illustrative, l'autre photographique, nous sont apparues évidentes. Le travail de Dominique Malaterre pour le livre de cuisine Toqué! est titanesque. Ses images sont superbes, et la qualité photographique de haut niveau, d'un couvert à l'autre. Quelles que soient les conditions d'éclairage, les sujets - jardiniers, maraîchers, pêcheurs, fromagers et cuisiniers - côtoient photos de plats et rendus d'ambiances en cuisine dans un équilibre cohérent. Tout se tient. Le jury a aussi beaucoup apprécié la spontanéité des images, leur mouvement, leur fluidité. L'oeuvre d'Isabelle Arsenault est également magistrale. L'illustration des textes de Fanny Britt dans la bande dessinée Jane, le renard et moi est à la fois sensible, touchante et d'un raffinement exceptionnel. Les dessins, particulièrement audacieux quant à l'utilisation - parcimonieuse, mais judicieuse - de la couleur, sont d'une qualité inouïe. Le style d'Isabelle, qu'on reconnaît bien, atteint ici une maturité inégalée. C'est un travail de niveau éminemment international.

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