La référence des professionnels
des communications et du design

Sid Lee, bilan d'une aventure new-yorkaise

Jean-François Bouchard, président et associé principal de Sid Lee.
L'équipe de Sid Lee à New York.
Cliquez ici pour voir la vidéo

New York - Sid Lee a ouvert un bureau dans la grosse pomme il y a environ un an; à ce sujet, Infopresse s'entretient avec Jean-François Bouchard, président et associé principal de l'agence, à l'occasion de son allocution à la délégation québécoise à New York.

En un an de vie, le bureau de Sid Lee à New York est passé à plus de 40 employés et a déjà été forcé de changer d'adresse, faute d'espace. Fraîchement installée dans ses nouveaux locaux situés dans Tribeca, l'équipe vient d'accueillir Caprice Yu, directrice de création débarquée de chez BBH New York. Dans son portfolio, notons des créations pour les principaux comptes de l'agence, dont Absolute Vodka et Adidas, mais aussi du travail pour des marques d'envergure comme Intel, Coca Cola, Old Navy, Facebook, New Era et Disney. Retour sur cette aventure new-yorkaise avec Jean-François Bouchard.

Quel bilan dressez-vous de cette première année?
Nous avons fait preuve d'une grande prudence envers New York. Il s'agit d'un marché extrêmement compétitif, et nous voulions être prêts à 100% avant de nous y risquer. Avec du recul, on constate toutefois que le marché était déjà prêt et qu'on aurait même dû s'y aventurer plus vite. Sans compter que l'abondance et la qualité du talent ici sont exceptionnelles, le développement des affaires s'en est retrouvé favorisé. Les grandes marques américaines tendent à privilégier les agences ayant une présence physique locale, et maintenant que nous l'avons, nous constatons une nette évolution. La réception des annonceurs est excellente, et l'on sent leur désir de nous mettre à l'épreuve.

Aux agences du Québec qui lorgnent vers New York, quels conseils donneriez-vous?
Il faut voir cela comme un projet à long terme. Entre le moment où nous avons commencé à oeuvrer pour des projets internationaux et celui où nous avons senti que nous étions prêts à ouvrir ici, il s'est littéralement écoulé 10 ans. C'est d'ailleurs avec des missions comme celle-ci (RDV Tendances, initiée par l'AAPQ), dans le cadre de l'événement Advertising Week, que le développement de relations commence. Même pour une agence qui ne souhaite pas s'exporter, il est essentiel d'ouvrir ses ailes et d'aller voir ce qui se passe à l'extérieur de nos frontières. Surtout que New York se trouve pratiquement dans notre cour, on serait fou de s'en passer. Le parcours qui mène à l'international peut être long et ardu, mais il est extrêmement gratifiant.

Si vous pouviez revenir en arrière, feriez-vous certaines choses différemment?
Nous avons tenté d'ouvrir un bureau ailleurs sans y avoir sur place toutes les ressources nécessaires. Cela nous a permis d'apprendre qu'il était préférable de bâtir nos équipes plus rapidement. On doit chaque fois reproduire le modèle multidisciplinaire de Sid Lee, et, pour ce faire, cela prend une masse critique.

Les centres décisionnels se déplacent de plus en plus du Québec vers Toronto ou d'autres grands centres. L'international est-il désormais une avenue obligée pour les grandes agences de chez nous?
Je ne le pense pas, il y a différents chemins possibles. On peut très bien réussir ici sans s'exporter, même si je crains que les agences qui y arriveront seront de moins en moins nombreuses. Ce qui est certain, toutefois, c'est que Sid Lee devait se tourner vers l'extérieur pour rester au niveau souhaité, même au Québec. On s'expose ainsi à de nouvelles réalités, à d'autres tendances. Cela nous permet de grandir, ça influence nos façons de faire et ça nourrit notre vitalité. Certaines personnes présument que nous nous désintéressons du Québec, mais c'est absolument faux. Nous tenons à rester dynamiques sur le marché et à pousser notre produit au maximum, ce que nous aide à accomplir l'international.

comments powered by Disqus