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Violence conjugale: des mots qui frappent

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À la suite du second épisode de 30 secondes pour changer le monde, Anne-Marie Leclair, associée et vice-présidente, stratégie, de Lg2, et les journalistes Judith Lussier et Lise Ravary font le point, puis réfléchissent aux enjeux de communication relatifs à ce sujet.

Si tout un chacun prend le parti de dénoncer la violence conjugale, reste à débattre de la façon de communiquer une telle chose. À quel public cible devrait-on s'adresser aujourd'hui? Sommes-nous encore trop timides sur la façon de traiter la cause en publicité? Quels sont les nouveaux objectifs?

L'idée de s'attaquer au problème en amont de sa manifestation concrète se démarque. D'abord, en rappelant aux victimes que certains signes avant-coureurs sont suffisants pour s'inquiéter. «On dit aux femmes qu'il faut dénoncer l'agresseur, mais on ne leur parle pas avant d'en arriver là, croit Lise Ravary. Aucune intervention de communication ne leur dit: "S'il vous engueule aujourd'hui, il vous battra peut-être demain." Je simplifie, bien sûr, mais il faut souligner que les femmes ont aussi le pouvoir. Celui d'arrêter tout cela avant, pas seulement d'appeler la police le moment venu.»

Elle souligne également que les communications devraient s'adresser aux adolescents, qui en sont à leurs premières histoires de couples.

Qu'en est-il alors des couples homosexuels? Devrait-on aussi songer à les inclure dans les campagnes sur la violence conjugale? La journaliste Judith Lussier estime que s'il faut en parler, il s'agit d'une situation encore marginale et que le réel nouveau défi est de s'adresser aux hommes et de leur indiquer la marche à suivre pour demander de l'aide s'ils perpètrent eux-mêmes des actes violents envers leur conjointe: «La question de la violence conjugale tourne autour de la socialisation des garçons. Il faut leur enseigner qu'ils peuvent avoir des émotions, qu'ils peuvent aller chercher de l'aide. On est rendu là dans la communication.»

Anne-Marie Leclair partage cette opinion: «Si l'on veut voir la situation évoluer, il faut reculer et voir d'où vient le problème. Sans l'excuser, l'agresseur, au fond, est lui aussi victime de quelque chose. C'est ce qu'il faut résoudre. La solution, ce n'est pas seulement de s'arranger pour que la femme parte, puisqu'il finira toujours par s'en trouver une autre.»

Réécoutez cette discussion, animée par Arnaud Granata, vice-président et directeur des contenus des Éditions Infopresse, sur le site web de l'émission, puis prenez part au débat en utilisant le mot-clic #30secondesTQ.

30 secondes pour changer le monde est une production d'Infopresse Télé pour Télé-Québec avec la participation financière du Fonds des médias du Canada ainsi que des crédits d'impôt fédéral et québécois. Le site a été réalisé avec la participation financière du Fonds Bell.

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