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De la télé autrement

Vidéotron a lancé illico Club à volonté l'hiver dernier.

Infopresse dévoile les nouvelles tendances qui changent le visage du petit écran, dans une série en 10 points; aujourd'hui, focus sur les nouveaux moyens de diffusion en télévision.

Netflix a lancé les 13 épisodes de sa série House of Cards en même temps, créant un précédent en matière de modèle de diffusion de séries fictives. À défaut de voir une émission périodiquement, le consommateur peut visionner en rafale tous les épisodes si bon lui semble. Quelques mois plus tard, le géant américain a déployé la même stratégie avec Arrested Development, en donnant accès d'un seul coup à 15 épisodes inédits de la série-culte.

On n'a pas encore vu de câblodistributeurs adopter une telle approche au Québec. Mais on ne peut ignorer ces nouvelles données, car les contenus sont accessibles et consommés par les gens d'ici. Du même coup, les attentes des consommateurs évoluent dans ce cadre. On regarde maintenant des émissions quand on le veut et où on le veut, ce qui force continuellement diffuseurs et câblodistributeurs à s'adapter. À l'heure actuelle, pour les grandes productions, la grille traditionnelle prime toujours. Mais les câblodistributeurs produisent de plus en plus de contenu exclusif au web et ils s'assurent surtout de le rendre facilement accessible.

Dans le but de répondre à cette conjoncture, Bell offre dorénavant du contenu sur le web de façon intégrée, sur un seul portail, qu'il s'agisse d'un appareil intelligent ou d'une tablette, peu importe si les émissions sont diffusées sur ses chaînes ou non. «Notre valeur ajoutée, c'est de permettre à l'utilisateur de ne pas devoir naviguer entre plusieurs applications ou portails web, déclare Nicolas Poitras, vice-président, marketing, services résidentiels, de Bell. Le consommateur ne veut pas se poser des questions sur la disponibilité des séries, il désire se connecter sur l'écran de son choix, puis consommer ce qui l'intéresse.» Selon Nicolas Poitras, puisque les propriétaires et producteurs ont tendance à vendre les émissions par plateforme, le défi principal de Bell et de ses concurrents réside dans l'obtention des droits pour chacune d'elles.

V et Radio-Canada, ce dernier avec sa plateforme Tou.tv, offrent déjà du contenu en ligne gratuitement et toujours accessible. Vidéotron est également passé à l'offensive pour répondre au désir de flexibilité des consommateurs, dont près de 10% sont des abonnés de Netflix.

Ainsi, en février dernier, le câblodistributeur lançait illico Club à volonté, un service de vidéo sur demande par abonnement. Offert au Québec et en Ontario, il donne un accès illimité à un catalogue de films, séries, émissions jeunesse et documentaires, accessibles à partir d'un téléviseur, d'un ordinateur ou d'une tablette Android. Vidéotron mise sur le fait qu'il propose quelque 2000 films et séries télé en français. Pour 9,99$ par mois, ce service vise à contre-attaquer la menace que représente Netflix.

En dépit des perturbations engendrées par la concurrence de ces nouveaux joueurs, Jean-François Bourdeau, directeur de la recherche de Touché! PHD, croit que les parts de marché de la télé ne seront pas réellement affectées: «Avec les enregistreurs numériques, nous pensions que tout le monde allait zapper les pubs. Mais les gens ne regardent que 10% de la programmation télévisuelle avec un tel enregistreur. Une quinzaine d'émissions franchissent encore couramment le million de cotes d'écoute. C'est toujours possible de faire au Québec de la télévision à large impact.» Pour le moment, le meilleur pari pour les diffuseurs et les câblodistributeurs est de chercher l'attention du consommateur de façon différente, sur d'autres plateformes.

Retrouvez la suite du dossier sur les 10 tendances de la télévision dans la plus récente édition du magazine Infopresse, actuellement en kiosque, ainsi que dans sa version tablette.

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