La référence des professionnels
des communications et du design

Production de contenu: de nouveaux joueurs dans l'arène

Amazon a commandé une nouvelle série à gros budget de 11 épisodes avec comme tête d'affiche John Goodman.

Infopresse dévoile les nouvelles tendances qui changent le visage du petit écran, dans une série diffusée en 10 points; aujourd'hui, focus sur la production de contenu par les fournisseurs de contenu en ligne.

Des acteurs qui évoluaient dans le web s'aventurent désormais dans la production de contenu. Netflix, Amazon, YouTube et Yahoo! se lancent dans la création originale, se disputant ainsi le marché avec les câblodistributeurs. D'ailleurs, le taux de Canadiens ne possédant aucun abonnement à un câblodistributeur (au bénéfice d'un fournisseur de contenu en ligne) a grimpé d'un point en un an pour atteindre 8% en 2012, selon une étude de Media Technology Monitor.

Pendant ce temps, la part du gâteau de ces nouveaux joueurs ne cesse de grossir. Le géant américain Netflix, qui revendique près de 30 millions d'abonnés, a misé quelque 100 millions$US dans la production de la série House of Cards. Son pari s'est avéré payant: il a généré des profits 31,8 millions$US pour le premier trimestre de 2013.

Devant le succès de Netflix, Amazon a décidé de s'affirmer. Le groupe a commandé une nouvelle série à gros budget de 11 épisodes avec comme tête d'affiche John Goodman, ainsi que la production de deux séries humoristiques et de trois émissions jeunesse, offertes vers la fin de l'année sur internet. Il avait aussi créé en 2010 Amazon Studios, une division qui produit des dessins animés, des films et des émissions de télévision à partir de soumissions en ligne et de financement par les pairs.

Quant au site de vidéos YouTube, il multiplie les initiatives dans le domaine. Étant détenu par Google, il dispose d'importants moyens financiers, ce qui lui permet de proposer une cinquantaine de chaînes payantes. À compter de 99¢ par mois, elles offrent du contenu original spécialisé, tout en permettant l'insertion de publicités. YouTube a également créé la section Originals, puis embauché des producteurs, des scénaristes et des réalisateurs.

Outre leurs ressources financières, un autre facteur favorise ces nouveaux joueurs dans le marché québécois. Contrairement à Bell ou à Vidéotron, ils ne sont pas soumis aux règles du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui obligent les câblodistributeurs à investir dans des productions canadiennes s'ils diffusent ici des séries américaines.

Une telle situation risque de briser l'équilibre du marché, d'après Sébastien Arsenault, président et chef de la direction de Serdy: «Qu'un joueur s'impose au Québec et qu'il ne doive même pas réinvestir un sou dans la société, dans l'économie de la télé ou dans la relève, ça frôle l'illégalité à mon avis. On doit redonner des outils à l'économie locale pour qu'elle continue d'exister. Sinon, le Québec deviendra comme ses voisins canadiens-anglais: mis à part les bulletins de nouvelles, leur programmation est un ramassis d'acquisitions américaines.» Cet enjeu se jouera-t-il sur le plan politique? Pour le moment, le CRTC n'a pas affirmé sa volonté d'encadrer les activités des fournisseurs de vidéos en ligne.

Un front uni devant Netflix
Devant la menace étrangère, certains acteurs d'ici veulent se donner les moyens de contre-attaquer. Bell a ainsi acheté Astral Media pour 3,2 milliards$, afin d'exploiter les émissions et films de ses chaînes télévisées spécialisées et payantes, ainsi que ses activités de radio. Astral, qui possède entre autres HBO Canada et Super Écran, s'était plainte au CRTC qu'elle n'avait pas les ressources pour rivaliser avec Netflix. Le PDG d'Astral, Ian Greenberg, a aussi déclaré que les conséquences pour son entreprise seraient graves si l'organisme de réglementation n'approuvait pas ultimement la transaction Bell-Astral.

Retrouvez la suite du dossier sur les 10 tendances de la télévision dans la plus récente édition du magazine Infopresse, actuellement en kiosque, ainsi que dans sa version tablette.

comments powered by Disqus