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Télévision: raconter à l'ère du transmédia

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Infopresse dévoile les nouvelles tendances qui changent le visage du petit écran, dans une série diffusée en 10 points; aujourd'hui, focus sur le transmédia.

Avec la multiplication des canaux de diffusion, on a abondamment parlé du concept de transmédia en télévision, qui permet d'enrichir l'expérience du téléspectateur et de profiter de chaque plateforme associée à une émission. En fiction, il s'agit d'un modèle qui, au lieu de privilégier une forme à une autre (série télé, film ou plateforme web), répartit un même élan créatif entre tous ces supports. «Le téléspectateur - ou l'utilisateur - trouvera son compte dans les liens entre ces environnements, indique Gilbert Ouellette, président du groupe Évolumédia. Cet écosystème crée un tout satisfaisant pour quelqu'un qui adhère à la marque de contenu.» Utile pour élaborer une stratégie de storytelling à la fois engageante et immersive, le transmédia permet de consommer la télé autrement, puis encourage l'auditoire à circuler de manière plus fluide d'une plateforme à l'autre.

Au Québec, la série romantique Émilie, déclinée sur le web et au cinéma, a popularisé l'expression, même si le phénomène n'est pas récent. «Avant, l'on parlait plutôt de convergence entre télé et web, note Pierre-Mathieu Fortin, chef de la création originale, internet et services numériques, de Radio-Canada. Avec la multiplication des plateformes, on s'est mis à dire transmédia, parce que chacune a son propre style narratif, son propre langage.»

L'univers du jeu vidéo, avec des séries comme Assassin's Creed, a été particulièrement rapide à exploiter ce modèle. À la télévision, de grandes séries hollywoodiennes, comme Lost, y ont aussi vu une bonne occasion d'affaires, puisque la multiplication des points de contact - qui incluent les produits dérivés d'une émission - forme un tout lucratif.

Au Québec, LVL Studio a notamment élaboré le concept dans le cadre de la série 19-2, où des personnages secondaires prenaient vie à la fois en ligne et sur appareil mobile, indépendamment des deux protagonistes principaux. Les Parent et Toute la vérité constituent d'autres exemples d'émissions dont les plateformes en ligne bonifient et prolongent l'expérience du petit écran.

Mais la fiction n'est pas la seule à bénéficier d'un écosystème transmédia. S'il s'applique aussi bien au genre documentaire (Jazz Petite-Bourgogne, avec son contenu mobile en plus d'un eBook et d'un webdocumentaire, en constitue un bon exemple), tous les diffuseurs ont intérêt à exploiter au maximum leurs plateformes, selon Ody Giroux, présidente de Carat Montréal: «Il est essentiel de créer du contenu ailleurs qu'à la télé. Par exemple, RDS permet de vivre une expérience télévisuelle enrichie. La chaîne a conçu l'application La loge RDS pour réunir une communauté d'amateurs de hockey. Le contenu comprend des statistiques, des jeux de groupe et un pool. Un annonceur pourrait y diffuser une pub plutôt qu'à la télé. Pour s'ajuster, l'on doit innover et trouver de nouvelles façons d'engager le consommateur.»

Citant en exemple l'émission interactive Qu'est-ce qu'on mange?, Louise Lantagne, directrice générale de la télévision de Radio-Canada, croit d'ailleurs que la conception d'une émission - surtout celles de culture et de variétés - doit prévoir en amont le déploiement et l'interactivité à venir de celle-ci: «Alors que nous créons le format, nous pensons aux autres plateformes existantes, et cela en influence même le contenu.»

Retrouvez la suite du dossier sur les 10 tendances de la télévision dans la plus récente édition du magazine Infopresse, actuellement en kiosque, ainsi que dans sa version tablette.

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