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Télévision: le contenu local est toujours populaire

Un air de famille, créé ici, a été vendu au géant FremantleMedia.

Deuxième écran, mobilité, contenu de marques, nouvelles mesures: la télé de 2013 fait face à de nouvelles réalités; Infopresse dévoile les tendances qui changent le visage du petit écran, dans une série diffusée en 10 points.

Face à la concurrence étrangère, la création de contenu original et local devient plus importante que jamais. Après tout, la télévision est un média de proximité auquel les téléspectateurs doivent pouvoir s'identifier. Et le français demeure un des remparts les plus solides devant cette nouvelle concurrence. D'ailleurs, les Québécois sont friands de leur production locale: sur le marché de langue française, les 10 émissions canadiennes les plus populaires affichaient toutes une moyenne/minute supérieure au million de téléspectateurs en 2012. Parmi elles, cinq se trouvent au palmarès des émissions canadiennes les plus regardées au pays.

Selon les plus récentes données du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), 1,39 milliard$ ont été consacrés en 2012 à la programmation canadienne, une augmentation de 9,6% par rapport à l'année d'avant, dont 221 millions$ dans de nouvelles émissions.

«Notre télé doit nous ressembler, estime Natalie Larivière, vice-présidente exécutive et chef de l'exploitation de V, qui rappelle que 76% de la programmation de sa chaîne est québécoise. Notre modèle d'affaires repose complètement sur la fabrication de contenu avec des producteurs indépendants.» Même son de cloche chez TVA: «Développer des contenus fait partie de nos priorités, que ce soit avec des producteurs indépendants ou à l'interne, grâce à notre filiale QMI Contenu», indique Suzanne Landry, directrice générale de la programmation du Groupe TVA.

De leur côté, les chaînes spécialisées ont versé, en 2012, 353 millions$ aux producteurs indépendants canadiens. L'enjeu pour celles-ci, dont les parts de marché (45,7%) équivalent presque désormais celles des généralistes (46,9%), consiste avant tout à renforcer leur image de marque quand vient le moment de produire de nouveaux contenus, de plus en plus de créneaux. «On a abondamment évoqué le désir du consommateur de regarder la télé au moment qu'il désire et à l'endroit qui lui convient, souligne Marie Côté, directrice générale des chaînes spécialisées de la télévision de Radio-Canada. Nous en sommes maintenant à l'ère où le consommateur s'attend aussi à avoir exactement le contenu qu'il veut, surtout qu'il a l'embarras du choix.»

La création d'une chaîne spécialisée de Radio-Canada nommée Trésor et s'intéressant à l'histoire et aux archives a d'ailleurs été annoncée ce printemps.

Si le contenu original plaît aux téléspectateurs d'ici, il est également susceptible de séduire ceux à l'extérieur de nos frontières. Il s'agit d'ailleurs d'un moyen de financement à ne pas négliger. Selon le dernier Rapport économique sur l'industrie de la production de contenu sur écran au Canada, les producteurs canadiens attachent de plus en plus d'importance au marché international depuis cinq ans. Au Québec, Un gars, une fille y a trouvé de nombreux preneurs; Un air de famille (produite par Attraction Images et dont Radio-Canada est partenaire investisseur) a marqué un grand coup cet hiver, étant acquise par le géant FremantleMedia, qui achetait pour la première fois un format québécois. «Ce sera très difficile de développer cette avenue, mais elle est incontournable», conclut Louise Lantagne, directrice générale de la télévision de Radio-Canada.

Retrouvez la suite du dossier sur les 10 tendances de la télévision dans la plus récente édition du magazine Infopresse, actuellement en kiosque, ainsi que dans sa version tablette.

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