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Radio-Canada: «Les communications ne sont pas les seules à blâmer», selon Bernard Motulsky

Bernard Motulsky, professeur au Département de communication sociale et publique de l'UQAM.

Bernard Motulsky, professeur au Département de communication sociale et publique de l'Uqam, revient sur la manière dont la société d'État a géré la crise entourant le déploiement de la nouvelle nomenclature de ses propriétés.

«En communication, on est habitué de prendre les blâmes, ça fait partie des règles du jeu», concède Bernard Motulsky, en évoquant les commentaires du président-directeur général de Radio-Canada/CBC, Hubert Lacroix, qui a admis lundi qu'une certaine confusion règne depuis une semaine dans la manière dont la nouvelle a été communiquée.

Si ce cafouillage a plusieurs causes, celle-ci en est peut-être la première, selon le spécialiste. En effet, un flou communicationnel semble avoir régné à l'interne avant le déploiement de ce repositionnement. «On ne sait pas jusqu'à quel point le conseil d'administration, le comité de direction et même le gouvernement étaient au courant de tous les détails de ce projet - tous les projets ne remontent pas à la direction. Peu importe, au moment de s'adresser au public, l'équipe ne paraissait pas tout à fait prête à le faire.»

D'après l'expert, cette saga est aussi née de la rapidité avec laquelle l'équipe des communications a déployé les changements. «On l'a annoncé et on l'a tout de suite appliqué, sans laisser le temps aux gens de brasser un peu la cage et de se faire à l'idée. C'est compréhensible, dans la mesure où la transformation est si importante qu'ils devaient miser sur la force de frappe de cette annonce et sur leur capacité d'imposer le changement pour réussir cette opération. C'était un pari... qu'ils n'ont pas entièrement réussi à relever.»

Mais Bernard Motulsky croit qu'on aurait tort de ne mettre que l'équipe des communications au banc des accusés: Radio-Canada, dont les plateformes sont nombreuses, comporte une pléthore de paliers bureaucratiques. Sans compter qu'elle est aux prises, comme tout média, avec des défis de positionnement, de visibilité, de notoriété et de place dans le marché. «On peut difficilement leur reprocher d'avoir cherché à se renouveler. En fait, ce dossier manifeste surtout le fait qu'il s'agit d'une organisation complexe à gérer. Bien qu'elle jouisse d'une réputation remarquable, elle manque peut-être d'agilité.»

Bernard Motulsky estime que la grogne devrait s'apaiser rapidement. Quant au reste de l'exercice de repositionnement, seul le temps dira s'il sera déployé comme prévu.

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