La référence des professionnels
des communications et du design

Contenu média: s'adapter aux nouveaux marchés

Gilbert Ouellette, président du Groupe Évolumédia.
Cliquez ici pour accéder au programme de la conférence «Les nouveaux marchés de contenu média».

Le paysage télévisuel canadien est en profonde mutation et bouleverse tant son économie que les pratiques de création; Infopresse s'entretient avec Gilbert Ouellette, président du Groupe Évolumédia, pour faire le point. 

Quelles sont les conséquences de l'implantation des géants de médias internationaux comme Netflix, Apple, Google ou Microsoft?
D'abord, il fait mettre le terme «géants» entre parenthèses. Ce sont de nouveaux joueurs dans l'industrie des médias. Et ils contribuent à déréglementer le marché de diffusion et des télécommunications au pays, puisqu'en offrant ici du contenu en ligne, ils échappent aux responsabilités qui incombent aux diffuseurs soumis à la règlementation du CRTC - ils ne payent pas de redevances au système de radiodiffusion canadien, par exemple, qui contribue à la création de contenu original. Donc, ils n'ont pas non plus d'obligations de minimum de contenu canadien diffusé aux heures de grande écoute.

Donc, serait-il dans notre intérêt de proposer une alternative locale à ces géants?
Certainement. Il est évidemment difficile d'entrer en compétition avec les Netflix et Apple de ce monde - ils possèdent d'importantes liquidités, et si l'un d'eux s'intéresse, par exemple, au marché canadien et y investit un milliard$, cela ne représentera pas une si grosse décision d'affaires pour lui. De là l'importance que des acteurs locaux se lèvent; il faut réagir en proposant une offre de contenu complémentaire et distincte.

Quelles conséquences ont pour les producteurs la segmentation du marché et l'apparition d'une multitude de nouvelles plateformes?
Il est primordial de s'intéresser à la diffusion de contenu sur les nouvelles plateformes, puisque c'est aujourd'hui une réalité du marché, de plus en plus poreux à l'offre étrangère. Les producteurs de contenu média peuvent désormais s'adresser à une foule de nouveaux partenaires, qu'ils soient diffuseurs sur des plateformes en ligne, sur appareils mobiles ou sur tablettes. 

Maintenant, les producteurs les plus sérieux doivent considérer, d'une part, des marchés de diffusion non traditionnels pour leur contenu traditionnel et, d'autre part, produire des contenus tout à fait originaux pour ces nouvelles plateformes.

En quoi cela change-t-il les pratiques de création?
Les producteurs, aguerris comme novices, trouvent de nouvelles façons de raconter des histoires, adaptées à des environnements web et différentes de ce qui se fait en télé.

Actuellement, la grande tendance dans les sphères de production avisée, c'est le transmédia. Grosso modo, il n'y a pas un modèle meilleur que l'autre; l'ensemble des liens entre les environnements prime. C'est dire que d'un même élan de création, de storytelling, on va les répartir entre plusieurs supports, et le téléspectateur (ou l'utilisateur) va y trouver son compte. La websérie Émilie en est un exemple: sur le web, il s'agit d'une série interactive, alors que le film, lui, ne l'est pas, etc. Ces éléments s'interpellent et créent un tout satisfaisant pour celui qui adhère à la marque contenu. L'engagement est un mot clé. Mais cet engagement a aussi ses inconvénients, puisqu'il présume à terme une responsabilité accrue des téléspectateurs, responsabilité que ces derniers n'ont pas toujours envie de prendre.

Ces questions, ainsi que plusieurs autres, seront traitées lors de la conférence Les nouveaux marchés de contenu média, le 30 avril prochain à La Plaza, à Montréal. L'événement réunira de nombreux acteurs de l'industrie, comme Pierre Dion, président et chef de la direction du Groupe TVA, et Audrey Pacart, chef de contenu de Tou.tv.

comments powered by Disqus