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L'(in)utilité des médias sociaux en temps de crise

La police de Boston a mis Twitter à profit afin d'en savoir plus au sujet des explosions de lundi.

Le développement des événements survenus lors du marathon de Boston a rappelé combien les réseaux sociaux font désormais partie de la couverture de telles tragédies; coup d'oeil sur les avantages - et inconvénients - de ces nouvelles ressources. 

Avant même que les grands médias ne mettent leurs sites à jour, un tweet montrant une photo des lieux dévastés circulait déjà à la vitesse de l'éclair entre les internautes.

Twitter aura été mis à profit dans le chaos qui régnait à la suite des explosions qui ont brutalement interrompu la course lundi après-midi. En effet, le site de microblogage présentait une alternative aux voies de communication téléphonique, surchargées par les utilisateurs qui cherchaient à joindre leurs proches.

«Les réseaux sociaux ont vite permis à l'information de circuler, mais ils ont surtout permis aux secours de réagir rapidement», remarque Thoma Daneau, spécialiste en médias sociaux d'Adviso.  

Mais Twitter n'aura pas servi qu'aux particuliers. En effet, c'est sur cette plateforme que le service de police de Boston a lancé un appel à tous, quelques heures après le drame, afin d'obtenir des renseignements sur l'explosion. On pouvait notamment lire sur le compte du Département de police de Boston, par Cheryl Fiandaca, sa chef du bureau de l'information publique, qu'on recherchait des «vidéos de la ligne d'arrivée». «Ce n'est pas rien, selon Thoma Daneau. La police a préféré passer par Twitter, car elle savait que le message se répandrait plus vite.»  

Google était aussi de la partie, en mettant son service Person Finder à la disposition de la population, permettant ainsi de partager des renseignements et de lancer des avis de recherche pour trouver un proche. Ce registre, qui fait partie de sa filiale sans but lucratif Google.org, avait été créé lors du tremblement de terre en Haïti en 2010.

Hier, plus de 5000 dossiers se rapportant aux explosions de Boston étaient encore en cours de traitement sur l'application.

Quant aux gens pas sur place et qui cherchaient à en savoir davantage, ils avaient tout intérêt à consulter les médias sociaux et à suivre les comptes officiels, selon le spécialiste: «Nous n'avons plus le temps de consulter les sites web d'information en espérant obtenir des nouvelles; ce que nous cherchons, c'est l'information en direct.»

Avec tous les risques que cela comporte, si l'on tient compte que du fait que la rumeur se répand aussi vite que l'information, car si le témoignage en direct du chef de la direction de Foursquare, Dennis Crawley (qui participait justement au marathon), présentait un certain intérêt, la confusion régnant sur le site laissait aussi place à certains dérapages et erreurs d'interprétation. Rappelons par exemple qu'on a cru pendant un moment que le fils de l'actrice Denise Richards comptait parmi les victimes - ce qui a vite été démenti (la comédienne n'ayant pas de garçon). 

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