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Le CH en séries: une marée rouge sur les ondes

Patrick Jutras, vice-président, ventes et marketing, de RDS.
Martine Mailly, directrice, placements électroniques, d'Aegis Média Montréal.

Le Canadien de Montréal s'est qualifié pour les séries éliminatoires jeudi dernier, et le paysage télévisuel en sera grandement affecté; retour sur l'impact de cet événement avec Patrick Jutras de RDS et Martine Mailly d'Aegis Média Montréal.

Au Québec, le poids médiatique du hockey occupe une place privilégiée dans l'actualité, en plus d'attirer un auditoire des plus alléchants pour certains annonceurs. Les matchs rassemblent en moyenne 1,5 million de téléspectateurs en première ronde, alors que les parts de marché des parties de l'équipe pendant les séries frôlent les 50%.

«Peu importe l'équipe qu'affrontera le Canadien, la moyenne des cotes d'écoute oscillera de 1,5 à 1,7 million de personnes, souligne Patrick Jutras, vice-président, ventes et marketing, de RDS. Cela pourrait grimper avec un affrontement contre les Maple Leafs de Toronto. Si c'est le cas, le niveau d'engagement des fans pourrait augmenter, puisque la dernière confrontation Toronto-Montréal en séries remonte à plus de 30 ans.»

Les séries éliminatoires avec le Canadien permettent d'atteindre un large auditoire, représenté en moitié par des femmes: «L'auditoire de RDS est habituellement composé de 60% hommes et de 40% de femmes. Pendant les séries, des spectatrices occasionnelles se greffent à l'auditoire. Nous l'évaluons donc à 54% d'hommes et 46% de femmes à ce moment.»

Du côté publicitaire, la plupart des annonceurs principaux restent les mêmes qu'en saison, puisque des budgets à cet effet sont déjà confirmés depuis le début de la saison. Les séries attirent tout de même de nouveaux joueurs: des annonceurs qui n'investissent généralement pas au hockey. Selon Patrick Jutras, le phénomène pourrait même s'accentuer cette année: «Comme la saison s'est amorcée seulement en janvier, plusieurs gros matchs auront lieu en mai. À cette période, la plupart de la programmation conventionnelle est terminée. Les saisons des émissions à grand auditoire, comme La Voix et Tout le monde en parle, seront terminées. Alors, le hockey aura le champ libre. Des annonceurs pourraient être tentés de se tourner vers le hockey.»

D'après Martine Mailly, directrice, placements électroniques, d'Aegis Média Montréal, la présence du Canadiens en séries influence les stratégies publicitaires de certains annonceurs: «Si la fièvre s'empare des amateurs et que l'équipe atteint la deuxième ronde, il arrive fréquemment que des budgets soient débloqués pour des investissements supplémentaires dans le hockey. En seconde ou troisième ronde, des stratégies sont alors développées pour annoncer dans ces environnements.»

Pour certains annonceurs, les matchs de hockey composent une plateforme incontournable: «Les hommes sont difficiles à atteindre à la télévision. Les annonceurs de la catégorie des bières ou de l'automobile, surtout les divisions de camions, ne ratent aucune occasion de diffuser des publicités lors des rencontres, conclut Martine Mailly.»

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