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Être crédible en matière de responsabilité sociale

François Morin, président de Morin Relations publiques.

François Morin, président de Morin Relations publiques, se penche sur la responsabilité sociale en entreprise au Québec.

«On constate aujourd'hui une hausse exponentielle des attentes des consommateurs et des citoyens envers le milieu des affaires, surtout en ce qui concerne la responsabilité sociale des entreprises (RSE). À l'instar du développement durable, passé du statut d'empêcheur de tourner en rond à celui de nécessité incontournable, la RSE s'impose petit à petit comme le comportement "attendu" et "normal" des entreprises citoyennes.

La RSE ratisse plus large que le développement durable. Elle vise à atteindre celui-ci, bien sûr, mais comprend également des préoccupations liées à l'éthique, au respect des droits de la personne et à la réalisation d'une société meilleure.

Les entreprises du Québec n'ignorent pas la RSE, mais certaines tardent à monter dans le train, contrairement à ce qu'on peut voir en Europe. La législation et la réglementation y sont beaucoup plus exigeantes en matière de RSE, ce qui explique en partie l'écart qui nous sépare. Mais les entreprises sont comme les individus. Plus leurs concurrents se soucieront de RSE et vont l'intégrer à leurs pratiques, plus elles l'adopteront à leur tour. Mais réussiront-elles à nous faire croire que leur virage est plus qu'une opération qui ne vise qu'à préserver leur réputation et à consolider leurs parts de marché?

Car une véritable démarche de RSE exige plus que de savantes actions de communication. Selon Eric Orts, directeur de l'Initiative for Global Environmental Leadership, l'enjeu est d'intégrer la RSE dans l'ADN de l'entreprise en articulant étroitement ses activités de profit et leurs impacts sur la société et l'environnement. Ne sous-estimez pas l'intelligence des consommateurs: ils vous voient venir et ne vous croiront que s'ils sont vraiment convaincus que vous faites ce que vous dites.

Il existe désormais une tendance de fond à l'échelle planétaire en faveur de la réappropriation du territoire et de son développement par ceux qui les occupent. Pour nous, il ne s'agit plus de gérer uniquement l'acceptabilité sociale d'un projet ou des activités d'une entreprise, mais d'accompagner et de bien conseiller les dirigeants afin de faciliter l'intégration de la RSE dans toutes les sphères de leur organisation.

La Suède peut nous servir d'exemple. L'acceptabilité sociale des projets y est soigneusement analysée et soupesée par des experts et des représentants de tous les secteurs de la société civile. Le processus est forcément plus lent, mais les solutions s'avèrent meilleures. Et le processus inspire confiance et adhésion. N'est-ce pas justement ce que désirent les décideurs?

L'expérience suédoise nous apprend que la meilleure façon d'aller de l'avant passe par la consultation des communautés touchées par un projet. Tisser des liens et établir des ponts entre les divers intervenants, c'est bien. Mais nous pouvons faire beaucoup plus. Nous pouvons aider les organisations à aller plus loin dans leur démarche de RSE. À l'heure des médias sociaux, faire du bruit n'est pas difficile. Être vrai l'est davantage. Vous ne devenez pas crédibles par vos beaux discours, mais par la façon dont vous concrétisez la RSE chaque jour sur le terrain.»

Avec la collaboration de Nicole Mousseau

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