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Y a-t-il assez d'hommes en relations publiques?

Pierre Gince, président de Direction Communications stratégiques.

Pierre Gince, président de Direction Communications stratégiques, pose une réflexion sur la disparition de l'équilibre hommes-femmes en relations publiques.

«Davantage que ce titre volontairement accrocheur, les véritables questions à se poser sont celles-ci: est-il néfaste que l'équilibre hommes-femmes soit disparu en relations publiques? Et puisque l'écart continuera de se créer, quels seront les impacts sur la relève et l'avenir de notre profession?
 
Il y a seulement 25 ans, les femmes en relations publiques étaient rares. Puis, elles sont arrivées massivement, le temps qu'il y ait un équilibre... aussitôt disparu. En 2013, elles représentent 73% des membres de l'association Public Relations Society of America (PRSA) et 67% de la Société canadienne des relations publiques (SCRP). Au Québec, elles sont 85% parmi les étudiants et membres des jeunes relationnistes de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP).
 
Notre profession en est gagnante!

La féminisation de la profession est assurément un avantage pour au moins quatre raisons:
* Les femmes sont très souvent méthodiques et "multitâches". Elles transposent aisément leurs connaissances et modèles théoriques, notamment la méthode R.A.C.E. (Recherche, Analyse, Communication et Évaluation), en stratégies et actions, tout en entretenant plusieurs marrons au feu;
* Elles sont en harmonie avec leurs aptitudes. Naturellement, elles misent sur leur facilité d'écoute, leur souci du détail, leur compassion et leurs préjugés favorables aux personnes plutôt qu'aux groupes. Très souvent, cela fait la différence;
* Les femmes sont omniprésentes. En effet, un nombre grandissant d'organisations de toutes sortes confient de plus en plus de responsabilités importantes à des professionnelles;
* Elles ont développé de nouveaux talents. Nous sommes loin de l'époque d'Yvette, cette femme stéréotypée d'un livre scolaire qui a fait faire des cauchemars à Lise Payette? Elles se positionnent de plus en plus dans les cercles d'influence et ont très souvent dans leur ADN, à l'instar de leurs confrères, le «killer instinct» si nécessaire dans certaines situations.

Mais?

Puisque les formations universitaires en relations publiques sont contingentées, et parce qu'elles ont de meilleures cotes R, les filles y sont largement majoritaires.

Évidemment, s'il y a moins de garçons à l'entrée des universités, il y en aura encore moins à la remise des diplômes. Un jour, un de mes étudiants en relations publiques m'avait surpris avec cette question: Être un gars atténue-t-il mes chances de faire carrière en relations publiques? 

Même s'ils sont généralement moins studieux que les filles, les garçons brillent très souvent dans les sessions de remue-méninges, osant aller «outside the box». Avec leur testostérone, ils ont évidemment leur place dans la dynamique des équipes de travail, au sein desquelles ils réfléchissent et réagissent comme des citoyens avisés.

Une féministe disait récemment : «Ça fait 100 ans que les hommes sont dominants en relations publiques, le XXIe siècle pourrait bien être celui des femmes!»

Serait-il souhaitable qu'il en soit ainsi? Je ne crois pas, parce que l'équilibre hommes-femmes ne serait pas atteint non plus. Je suis convaincu qu'il n'y a pas trop de femmes en relations publiques, mais pas assez d'hommes. Avec un meilleur équilibre, le XXIe siècle pourrait être assurément celui où l'on communiquera mieux, grâce à la complémentarité des genres. Et les relations publiques seraient les premières à en bénéficier!

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