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BlackBerry 10 séduira-t-il les annonceurs?

Parts de marché, selon le système d'exploitation
Thorsten Heins présentait hier le nouveau BlackBerry10 à New York

Le BlackBerry 10 a été lancé à New York hier; trois spécialistes d'ici partagent leurs premières impressions.

«Ils sont complètement transformés, indique d'emblée Malik Yacoubi, vice-président, mobilité et technologies, de Cossette. Je suis très surpris de ce qu'ils ont réussi à mettre en place. Les nouvelles fonctionnalités de l'appareil sont très innovantes, par rapport à ce qu'ils faisaient avant, mais aussi en regard des autres joueurs dans ce marché. Maintenant, reste à voir si ça fonctionne.»

Le président et directeur général du fabricant Research In Motion, Thorsten Heins, a dévoilé deux nouveaux modèles - un est muni d'un clavier, l'autre fonctionne avec un écran tactile. L'appareil présente plusieurs fonctionnalités inédites. Grâce à BlackBerry Balance, l'utilisateur pourra notamment jouir de deux profils distincts sur le même téléphone: l'un lié au travail, l'autre à sa vie personnelle. Les interactions que présente la nouvelle interface ont aussi été repensées de fond en comble: fini la logique d'entrée et sortie; les applications se présentent de manière fluide et intuitive, sans coupures. Sans parler de l'appareil photo, ou de la saisie français/anglais améliorée.

Il s'agit d'un tournant pour la firme canadienne, qui semble désormais mettre tous ses espoirs sur sa marque phare, comme en témoigne le changement de nom annoncé par la société, qui abandonne Research In Motion pour BlackBerry.

Au moment de son lancement, BlackBerry dévoilait un catalogue de 70 000 applications, nombre remarquable pour une plateforme naissante, bien que BlackBerry World se trouve encore loin derrière App Store, qui en propose 10 fois plus à ses utilisateurs. Ce départ dynamique encouragera-t-il les annonceurs à adapter leur contenu? «J'ai envie d'être positif, car il s'agit d'une société d'ici, mais je doute recevoir des tonnes d'appels de clients me demandant de convertir leurs applications pour BlackBerry, souligne Dominic Gagnon, président de l'agence Piranha. Lorsque Microsoft a dévoilé sa tablette Surface, trois ou quatre éditeurs m'avaient déjà appelé pour me demander si leur magazine offert sur iPad et Android devait l'être aussi sur cette plateforme. Ça ne s'est pas encore produit avec BlackBerry. Ça donne un indice.»

Jan-Nicolas Vanderveken, associé fondateur de TP1, partage ce scepticisme. «BlackBerry a développé un téléphone pour sa clientèle historique: celle d'affaires, ainsi que les power users, qui profiteront le plus de toutes ses nouvelles fonctionnalités. Derrière tout ça, il y a monsieur et madame tout le monde, et, surtout, une organisation qui lutte pour sa survie. Ils devront se battre pour la troisième place aux yeux des annonceurs. Quelle plateforme ces derniers préféreront-ils, après avoir développé des applications pour Android et iPhone? BlackBerry ou Windows? Si j'étais un annonceur, j'attendrais de voir comment iront les choses avec ce nouvel appareil.» 

En 2012, la part de BlackBerry sur l'échiquier des téléphones intelligents se chiffrait à 9%, alors que ses compétitrices Apple et Samsung atteignaient respectivement 22% et 52% de ce marché. La part de Windows était quant à elle d'environ 4%, selon une étude du Yankee Group récemment relayée sur eMarketer.

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