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Le Canada est encore lent à exploiter le big data

Jean-François Renaud, associé et cofondateur d'Adviso
Le Canada tire toujours de l'arrière dans le «big data»

Le traitement massif de ces données séduit de nombreuses entreprises dans le monde, mais le Canada tire de l'arrière dans leur interprétation.

On a proclamé le big data parmi les tendances à surveiller en 2013. Mais selon une étude d'eMarketer, les sociétés canadiennes semblent lentes à l'embrasser: moins de la moitié d'entre elles auraient commencé à travailler avec ces ressources. Notons également que 15% des entreprises d'ici n'envisagent même pas de les exploiter.

À titre comparatif, selon une enquête menée par Harvard Business Review auprès des entreprises du Fortune 1000 (qui regroupe les 1000 entreprises américaines classées par l'importance de leur chiffre d'affaires), 85% avaient mené des initiatives concernant le big data ou souhaitaient en mettre sur pied.

«Le Canada ne suit pas. Les organisations qui font de l'intelligence d'affaires avec le big data ici sont encore très peu nombreuses, indique Jean-François Renaud, associé et cofondateur d'Adviso. Mais il faut commencer pas nuancer ces données. Qu'entend-on par «commencer à travailler» avec du big data? Ce n'est pas clair. La vraie question est réellement de savoir qu'est-ce qui, concrètement, a été fait.»

Toujours selon eMarketer, le secteur de l'efficacité opérationnelle met le plus à profit le big data dans les entreprises canadiennes. Pour sa part, Jean-François Renaud souligne que les entreprises en télécommunications et en services financiers font également preuve d'innovation.

Les assureurs, qui emploient déjà beaucoup de données pour définir, notamment, les cotes de leurs clients, sont aussi dans le coup. «Ce sont souvent les grandes sociétés qui entreprennent ce genre d'analyse, surtout celles offrant plusieurs types de produits. Cela justifie le déploiement des ressources (des logiciels, mais aussi de la main-d'oeuvre humaine) nécessaires pour les exploiter», souligne Jean-François Renaud.

Mais la question de la gouvernance de données demeure la plus cruciale pour le moment. De toutes les entreprises dans le monde qui emploient le big data, près de la moitié se sont dotées d'un responsable faisant partie des cadres, alors que ce pourcentage au Canada chute au tiers. Selon Jean-François Renaud, confier la gestion de ces données aux gestionnaires intermédiaires freine d'emblée le développement et l'innovation dans ce secteur: «Pour exploiter le big data, ça prend une volonté de la haute direction, de quelqu'un qui a accès à toutes les données, dans toute l'organisation. Ce n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire. C'est le prochain grand pas à prendre.»

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