La référence des professionnels
des communications et du design

2013: une année sous le signe de l'imperfection

Marian Salzman, PDG de Havas PR en Amérique du Nord
Fini le consumérisme et les économies fiduciaires: en 2013, on recycle et l'on dépoussière

Marian Salzman, PDG de Havas PR en Amérique du Nord, dresse une liste des 13 tendances qui marqueront la prochaine année.

Celles-ci, qui reflètent nos valeurs, nos croyances ou notre mode d'utilisation des médias, transforment le paysage des marques, des entreprises, de la création, ainsi que l'actualité.

La technologie et l'économie ont été les principaux agents de changement des cinq dernières années, mais tout porte à croire, selon Marian Salzman, que le vent pourrait tourner. «À l'approche de 2013, la technologie continue de croître à un rythme effréné, mais les grandes économies progressent à petits pas, explique-t-elle. Des idées technologiques qui relevaient du fantasme pour certains en 2007 sont aujourd'hui des produits accessibles et largement utilisés par les masses. En parallèle, l'affaiblissement de l'économie mondiale a forcé les consommateurs, les entreprises et les gouvernements à modifier leurs attentes vis-à-vis de ce que nous tenions pour acquis. Le résultat global est une révision radicale de la normalité.»

Coup d'oeil sur ce que l'année, marquée par une consommation frugale et les économies alternatives, nous réserve. 

1) L'année du Co: dans le milieu du travail, la cocréation, la coproduction coentrepreneurship règnent. À la maison, on peut aussi songer à la collaboration et à la coparentalité.

2) Créez des solutions, pas des problèmes: le mot d'ordre, c'est d'éviter la négativité. Elle n'attire personne.

3) Austérité et frugalité: exit le consumérisme, qui fait sa place à la consommation collaborative et à l'idée de micropropriété (le 1/4 d'un animal de compagnie ou le 1/365 d'une maison de vacances, par exemple). Le consommateur de 2013 n'achète que le strict minimum.

4) Économiser autrement: les nouveaux marchés se développent, et l'économie non fiduciaire existe. Produits recyclables, expérimentations avec des monnaies locales : la valeur se trouve du grenier aux poubelles de nos maisons.

5) Place à l'imperfection: c'est elle qui confère l'authenticité aux gens qui nous entourent. Bien que cette authenticité entre en contradiction avec la quête de perfection qui nous anime, l'imperfection a de l'avenir en 2013.

6) Papa public cible: dans une économie marquée par le chômage masculin et où les pères tendent à implanter de nouvelles traditions auprès de leurs enfants, l'on assiste à la création d'une nouvelle tranche de consommateurs cibles, les papas blogueurs. Ce sont eux qui, dès 2015, feront les courses.

7) Formation permanente: l'éducation et le savoir de pointe ne sont plus qu'à un clic. L'instruction, c'est se connecter ou échouer.     

8) Ralentir et contrer le rythme du «tout mobile»: en 2013, on met l'accent sur une cuisine et une alimentation moins rapide, on freine le vieillissement et l'on approfondit les relations humaines.

9) On va où maintenant? SXSW a fait d'Austin une ville branchée, tout comme Lost in translation a montré l'avant-garde et les sous-cultures qui animaient Tokyo. Seuls les concepteurs de solutions locales et les créateurs urbains ont cru dans ces renaissances. Il est temps de se désigner de nouveaux lieux à mettre en lumière.

10) L'Afrique: ce territoire d'un milliard d'habitants est en voie de devenir la nouvelle Asie et prendra sa place au sein de la prochaine économie mondialisée.

11) La Big Burg Theory: avec l'émergence de «supervilles», qui comptent plus de 15 millions d'habitants et généralement situées dans des pays émergents, apparaissent de nouveaux problèmes (pollution et terrorisme, par exemple), mais aussi la possibilité de nouvelles solutions.

12) L'ancestral: connaître l'origine des gens et des choses qui nous entourent deviendra primordial dans notre monde de plus en plus virtuel.

13) La fatigue: elle est ultratendance en 2013, surtout la fatigue chronique. Où s'enracine-t-elle? Les bilans de l'an prochain nous dévoileront peut-être la réponse.

comments powered by Disqus