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Hugues Sweeney: «La communication d'abord»

Hugues Sweeney, producteur exécutif du studio interactif de l'ONF et président du jury. Photo: Bruno Florin

Nouvelle formule pour le jury, Grands Prix et coup de coeur, Hugues Sweeney, président du jury, revient sur la 18e édition du concours Boomerang.

Pour une première année, il n'y a eu qu'un jury afin d'évaluer les deux volets du concours. Cette décision s'est-elle finalement avérée la bonne?
Oui! Pour moi, le marketing interactif et les sites web ne sont pas des chasses gardées. Au contraire, ce sont des vases communicants. La culture du numérique s'est grandement développée ces dernières années, et il ne s'agit plus d'être un spécialiste pour être en mesure de juger de la pertinence d'un projet. Nous avons donc rassemblé des gens de différents horizons pour obtenir un regard d'analyse plus large. À mon avis, cela aura vraiment permis d'élever le débat.

Quel a été le mot d'ordre au sein du jury?
Nous avons voulu reconnaître les projets qui apportaient le plus à la culture collective de la communication, ceux qui lui permettaient d'aller vers l'avant et de repousser ses frontières. Pour se démarquer, les pièces devaient être innovantes et créatives, mais surtout nous amener à voir les choses différemment, en nous faisant rire, pleurer ou réfléchir. Car la raison d'être des prix Boomerang, c'est ça. Ce n'est ni l'art, ni les succès commerciaux, mais bien la communication, avec le public au coeur de la réflexion.

Taxi, avec La saison des nids-de-poule, a mis la main sur le Grand Prix - Marketing interactif. Qu'est-ce qui lui a permis de se distinguer?
C'est un projet qui a marqué l'imaginaire collectif. Il y a d'abord le thème. Le problème des nids-de-poule est récurrent. Même les autorités publiques n'arrivent pas à l'endiguer. Puis, il y a toute l'exécution de la campagne. Du lancement, avec le coup d'éclat, aux relations publiques, à l'idée de collaboration avec les instances publiques, jusqu'au fonctionnement du site web et de l'application mobile elle-même, où les attributs des téléphones intelligents et de la mobilité ont vraiment été mis de l'avant: tous les aspects du projet ont poussé la communication vers l'avant.

Le jury a remis le Grand Prix - Site web à l'ONF pour l'ensemble de ses projets. En tant que producteur exécutif du studio interactif de cette institution, quelle a été votre réaction?
L'ONF est un service public, donc un bien commun. C'est un lieu où des conditions de création ont été mises en place pour que des gens se l'approprient afin de raconter des histoires et de créer des expériences qui nous émerveillent. À ce titre, ce n'est pas tant l'ONF qui a gagné, mais tous les artisans qui y ont contribué et qui y contribuent. En fait, cela me réjouit même de voir qu'en 2012, on souhaite se rappeler et reconnaître l'importance des services publics dans le développement d'une culture numérique.

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