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Le vendredi noir (Black Friday) est arrivé

Black Friday, la journée de soldes la plus importante aux États-Unis, dépasse désormais les frontières; plusieurs acteurs du commerce de détail d'ici font le point.

Le phénomène serait sur le point de semer la cohue ici aussi. «On s'attend à une file devant nos magasins avant l'ouverture des portes ce vendredi. Certains consommateurs aiment bien faire la file dans ce type d'événements», souligne Thierry Lopez, directeur du marketing de Future Shop au Québec.

En effet, les soldes, qui donnent le coup d'envoi au magasinage des Fêtes chez les Américains, commencent à s'instituer ici. Future Shop propose un «Week-end noir», alors que d'autres grandes surfaces, dont Sears et Walmart, emboîtent le pas à l'échelle du pays.

La tradition est née aux États-Unis, où le consommateur moyen, dont le budget des Fêtes tourne autour de 750$, prévoit réaliser la majorité de ses achats lors des soldes du Black Friday. Il s'agit du vendredi suivant l'Action de grâce américaine, un jour férié. La référence au noir daterait des années 60, faisant référence à la congestion dans les rues occasionnée par les nombreux consommateurs. Traditionnellement, l'on dit aussi que c'est le moment de l'année où de nombreuses entreprises sortent leurs finances du rouge (pour passer au noir, ou black ink). 

Les consommateurs d'ici étaient-ils tentés de se rendre aux États-Unis pour profiter des aubaines? Selon une récente étude du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), seuls 2% à 3% des ménages québécois sont prêts à agir ainsi. Pourtant, plusieurs entreprises d'ici cherchent à retenir leurs consommateurs. 

«70% des gens [au Canada] connaissent le Black Friday, poursuit Thierry Lopez. On y voyait donc une occasion de leur proposer de profiter de cette campagne ici. Depuis quelques années, il y a une bonne conjoncture des choses: les médias en parlent de plus en plus, le dollar est intéressant et l'on remarque un engouement qui démarre la saison de magasinage de Noël.»

Ces campagnes concernent surtout les consommateurs à l'extérieur du Québec, comme le précise Gaston Lafleur, président du CQCD. «La situation est un peu différente ici. En Colombie-Britannique, par exemple, il y a encore un commerce frontalier important, c'est donc possible que le Black Friday y fonctionne un peu mieux.»

En fait, ce sont surtout les offres promotionnelles sur le web qui participent à l'érosion du marché canadien. Notons que le Cyber Monday (ou cyber lundi, moment où les soldes en ligne sont à l'honneur) gagne en popularité depuis 2005, et les ventes qu'il génère ont de quoi faire pâlir le succès des soldes du vendredi. Depuis 2010, il s'agit du jour générant le plus de vente en ligne aux États-Unis. Et le Canada ne serait plus en reste. «Les États-Unis sont une locomotive en matière de ce qui se passe sur le web, et cette tendance est à la hausse ici aussi, précise Michaël Benhaïm, vice-président, stratégie, de Le Site. La majorité de nos clients, dans le commerce de détail - comme Brown, Bench ou Parasuco -, utilisent désormais cette période pour attirer les consommateurs sur leurs plateformes. Les promotions engendrent beaucoup d'achalandage.»

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