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Le modèle 100% web de Frank & Oak porte ses fruits

Ethan Song, cofondateur de Frank & Oak

Frank & Oak a obtenu cinq millions$US de trois nouveaux investisseurs américains, dont les fondateurs de Groupon; entretien avec Ethan Song, son président et directeur de création.

Comment est née l'idée de Frank & Oak et quel est son modèle d'affaires?
L'idée principale, c'est de faciliter le magasinage pour les hommes. Avec notre modèle de collections mensuelles, plutôt que par saison, nous voulons proposer nos produits sous un format magazine. Cela nous permet aussi de jouer vraiment la carte de la personnalisation. Un utilisateur à Montréal n'aura pas accès à la même sélection qu'un à Los Angeles. Notre équipe est composée de professionnels du web, du design et de la mode, et nous désirons véritablement offrir à nos clients une expérience globale. Nous ne pourrions pas avoir pleinement le contrôle sur l'expérience en magasin et c'est ce qui nous a poussés à produire un modèle exclusivement en ligne.

Qu'entendez-vous par expérience globale de magasinage?
Sur notre site, nous proposons du contenu en lien avec nos produits, mais qui a aussi pour objectif d'apporter des solutions aux problèmes auxquels les hommes sont souvent confrontés lorsqu'ils magasinent. Nous portons également une grande attention au design et aux emballages. Et nous voulons que l'expérience de nos membres se bonifie avec le temps, entre autres avec une sélection de plus en plus personnalisée au fil des utilisations. Il est aussi important de noter que Frank & Oak se différencie de joueurs comme Beyond The Rack, car nous offrons nos propres produits, pas ceux d'autres marques.

Frank & Oak a été lancé au début de 2012. Quel bilan tirez-vous après ces premiers mois?
Au début de septembre, nous comptions 125 000 membres. Nous espérons atteindre les 190 000 d'ici la fin de l'année. Actuellement, nous réalisons près de 70% de nos ventes aux États-Unis, surtout dans les marchés de New York et de la Californie. Ces chiffres s'expliquent surtout par l'utilisation différente que font les Américains et les Canadiens des plateformes de commerce en ligne. Ce type d'achat est beaucoup plus répandu au sud de la frontière, tout comme la notion de «membership», déjà exploitée par plusieurs autres détaillants.

Comment expliquez-vous ces résultats très engageants?
Nous avons bénéficié d'une belle couverture médiatique, au Canada comme aux États-Unis. Il faut dire que nous étions déjà bien connectés grâce à l'expérience Modasuite. Et nous comptons aussi beaucoup sur le bouche à oreille. Par contre, cet automne nous franchirons une étape quant à nos communications. Nous prévoyons participer à de nombreux événements, établir des partenariats avec d'autres détaillants et mettre sur pied des magasins pop-up. Il est très important pour nous de créer une véritable connexion avec nos membres. Nous avons à coeur la notion d'engagement, et dans notre stratégie d'acquisition de membres, nous recherchons des gens qui adhèrent à notre philosophie d'entreprise.

Outre cette nouvelle stratégie, que prévoyez-vous pour votre an 2?
Nous avons été confortés dans notre idée qu'il existe un réel intérêt pour les produits pour hommes. Donc, nous allons continuer d'exploiter ce domaine, même si nous observons qu'une part de notre clientèle est composée de femmes qui achètent pour leurs conjoints. Peut-être explorerons-nous d'autres marchés, mais pas dans un avenir immédiat. Et puis, nous n'en sommes qu'au début de la personnalisation, qui a encore de beaux jours devant elle, surtout sur le marché des marques électroniques intégrées verticalement. Le média est idéal pour créer du contenu et une relation sociale.

L'entrevue est publiée dans le dossier sur le commerce électronique du numéro d'octobre d'Infopresse. 

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